LE BLOG DE CELOR

comme ça vient.

03 novembre 2009

J'avais écris un nouveau message tout à l'heure.

Je viens de l'effacer.

C'était encore une longue plainte en rapport avec mes récents états d'âme.

Je veux arrêter avec ce triste son de cloche, ce pessimisme affiché.

Je ne veux plus parler de ma récente bétise. C'est affligeant et ça ne mérite pas que j'y consacre mon énergie et toutes ces pages.

Je reviendrai écrire dés que je serai passée à autre chose.

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01 novembre 2009

J'ai passé ma matinée au téléphone. Marre de la solitude.
Ma fille m'a fait l'immense plaisir de prendre son temps. Nous avons bien discuté et j'ai été sans retenue, évoquant des choses et d'autres et même le dernier fait en date qui m'a tant troublé. Elle en rit. Elle est jeune bien sûr et elle est capable de donner aux choses la proportion qu'elles méritent.

Ensuite j'ai appelé mon mari. Le pauvre, lui qui n'est pas manuel, on l'a fait travaillé : défriché, coupé du bois et des petits travaux auxquels on s'astreint quand il y a ces grandes réunions familiales. Mais là bas tout se passe dans la bonne humeur et la sérénité car l'entente est bonne. Je n'y vais pas à cause du chat. Ca me dérange de laisser mon matou seul. Sinon une coupure dans une ambiance conviviale aurait été super bienvenue.

Je me sens un peu mieux. Mon fils est passé hier. Comme je l'ai déjà dit il est fin et observateur. Bien que je ne lui ai pas dit ce qui me tracassait il a senti une félure. Alors il est resté longuement, il a regardé la télé, il a mangé puis est parti assez tard. Il était lui même soucieux et triste : un de ses camarades de promotion a succombé, terrassé par une AVC. Il s'agit là d'un grand malheur et d'un drame aussi je me suis abstenue de lui faire part de mes soucis personnels qui ne présentent en l'occurrence pas la moindre importance. Mon fils a déjà eu deux de ses amis qui sont morts : un lorsqu'il était en sixième, ce malheureux garçon a été victime d'un cancer au cerveau.
Plus récemment, Benoît, son ami d'enfance, a fait une crise d'epilepsie dans sa voiture, laquelle a pris feu. Ce garçon avait vingt ans. Et maintenant encore cette affreuse nouvelle. Tous ces morts en plein âge tendre !

Les fluctuations d'humeur, la cruauté et les petits bonheurs tout simple. La vie. Si cruelle, si injuste mais à laquelle on tient tant malgré la peur qui nous tenaille.

J'ai repassé le linge de mon fils, je n'ai pas encore déjeuner. J'irai me promener après. Je n'ai pas encore atteint un palier intéressant dans mes états d'âme. C'est encore bas.

Hier grosse réunion de famille chez ma soeur qui a accueilli un petit fils. Un petit Matt est né. Elle doit être heureuse. Elle aime beaucoup les bébés et ses enfants ne la déçoivent pas de ce côté là. En revanche il y a de sacrés dissensions avec son plus jeune fils qui semble lui reprocher sa façon de vivre dispendieuse et futile. Bref, je ne sais pas grand chose à part qu'elle a de la peine parce qu'il ne vient plus beaucoup la voir et lui confier son enfant qu'elle adore. Tout ce que j'apprends vient de ma mère mais comme elle raconte les événements à sa façon et qu'elle n'est pas fiable, au fond je n'ai qu'une vague idée de ce qui se passe chez eux.

Ma fille me conseille de renouer avec mes soeurs et mon frère. Elle pense que je vis mal mon isolement familial et que ça me déprime. Elle a raison mais je préfère m'abstenir parce que notre histoire fait que les malentendus et les conflits se sont beaucoup trop accumulés et ont construit un mur qu'il m'est difficile d'abattre. Mais je reconnais qu'il me manque la chaleur d'une fratrie aimante. Tant pis, il y a pire. Je ne suis pas isolée puisque j'ai un mari et des enfants qui me conviennent parfaitement et que j'aime.

Je crois que si "le petit Nicolas" jouait dans notre cinéma de quartier, j'irais volontiers, ça me ferait plaisir et me changerait les idées. Malheureusement, il me semble que ce n'est plus à l'affiche. Je vais tout de même vérifier.

Bien sur ce, à mes amies blogueuses et aimables lectrices, je souhaite un excellent dimanche.

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31 octobre 2009

l'énergie du désespoir

Ce matin, aprés avoir écrit mon premier billet du jour (dieu que je suis prolixe dans mon malheur) je me suis retrouvée non pas vidée mais la tête et le ventre trop pleins d'une méchante émotion.

Alors sans plus attendre et avant que je ne cède au désespoir j'ai pris mes clics et mes clefs et je suis partie faire ma promenade quotidienne le long du canal.

D'habitude je marche paisiblement avec mon baladeur vissé dans les oreilles, savourant ce moment d'exercice et de respiration. Savourant ou pas mais qu'importe c'est le devoir et je m'y plie avec plus ou moins envie.

Mais là il s'est passé quelque chose.

Un besoin inouï de ne plus penser. De bloquer mes idées noires. Sinon de les évacuer.

Alors je me suis mise à courir. Normalement je ne peux pas. J'ai le pas confortable et de bonne volonté mais sans plus. Pas trop élastique, pas trop vigoureux.

Ce matin, je me suis envolée. Sans me concerter avec moi-même, ma démarche s'est faite nerveuse et puis j'ai décollé. J'ai fait l'aller et retour en jogging aguerrie. J'ai pas eu mal, j'ai pas eu le souffle coupé, j'étais comme ces gens que je croise chaque fois en me disant qu'ils sont bien courageux.

Il me fallait ça. Là encore, je ne peux pas justifier la pulsion, l'impulsion. J'ai fait sans me poser de question.

Je crois que je deviens folle. Cette fois ci l'acte est sportif, jeudi il était malheureux et délictuel. Mais alors, je ne décide plus de rien ? Mon corps, mes jambes, mes mains décident à la place de mon cerveau ? C'est ça ?

Je viens d'arriver. Et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. La fatigue, l'émotivité poussée à son paroxysme.

Hélas, je vais rester seule jusqu'à lundi soir. Mon mari, après la formation qu'il a donnée dans les Vosges, en a profité pour rendre visite à sa mère puisqu'elle habite dans le coin.
Je n'ai donc pas de garde fou, pas de regard bienveillant et indulgent. Rien. Le silence et l'amertume.

Je sais que c'est la déprime qui parle. L'anecdote relatée récemment n'est que le produit d'un état psychologique.
Je ne réfléchis pas beaucoup et je suis submergée.

J'ai rencontré une dame trés âgée ce matin. Elle portait un cabas en claudiquant et elle grimaçait sous la fatigue et la maladie. Je me suis arrêtée. J'étais pleine d'empathie. Je la connaissais juste de vue mais je me suis beaucoup intéressée à elle, du plus profond de moi-même. Toute ma sensibilité à fleur de peau à son écoute. Je lui ai posé des questions et j'ai entendu ses réponses. Elle avait l'air heureuse de me parler. Elle m'a dit qu'elle sortait à peine de convalescence. Elle avait eu une avc et n'avait plus l'usage de sa main gauche. Elle m'a parlé de son fils pour qui elle ne voulait pas être une charge, de son petit-fils qui ne venait plus la voir. Il y a eu un vrai échange. Elle m'a dit des mots trés gentils et elle m'a caressé les cheveux en me souhaitant bon courage. Vous vous rendez compte. Cette dame a tout compris.

Quand je pense que je suis capable de négliger totalement ce blog pendant quelques semaines sans problème et que là je multiplie les messages, je mesure que l'écriture est aussi efficace qu'un médicament aux plantes apaisantes. Malheureusement ça ne guérit pas des obsessions.

J'espère que je pourrai à nouveau oublier le blog et me consacrer à élargir un peu mon horizon. Comment ? That is the question que beaucoup se pose sans se donner les moyens de le faire.

Que ceux qui ont de l'énergie à revendre s'adressent à moi, ça peut m'intéresser.

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le jour s'est levé

le week end s'annonce pesant pour moi. Je me lève avec une larme au coin de la paupière. Abattue déjà.

Aprés mon petit-dej, je me demande si je dois aller me recoucher. Aprés tout, samedi ou lundi, je ne vois pas de différence. La vacuité de ma vie me donne le tournis. Et alors jusqu'où, jusqu'à quand ? Lever, manger, faire ma marche, me planter devant un écran, ça fait avancer quoi ça ? Quel est le prix de ces heures, de ces journées ? On ne peut pas dire qu'elles soient riches, précieuses.Elles n'ont pas de sens et n'aident en rien ni moi ni personne. Alors ?

Mes enfants sont du genre distant avec moi. Et d'ailleurs je les vois peu. Qu'est-ce que je leur apporte encore ? Ma mère, mes soeurs, mon frère, m'ont donné mille fois la preuve qu'ils étaient eux-mêmes malheureux et qu'il n'y avait pas de place en eux pour de l'affection ou un moindre sentiment filial. Nos rapports n'ont été que conflictuels ou froids.

Les rencontres que je fais, les liens que je noue, sont sans affect. Plus de place pour l'amitié on dirait. Avec le temps va, tout s'en va. Place au bavardage, au ronron d'une conversation maintes fois répétée, aux questions dont on attend même pas les réponses parce qu'elles ne vont pas trés loin et ne sont pas bien exigeantes.

La solitude est le lot commun de tous les mortels que nous sommes. Elle est ressentie à un moment ou un autre. Un moment crucial ou pas. Face à notre vulnérabilité profonde, personne ne peut rien pour nous. Sauf si on a un père ou une mère pour qui on est une "part d'eux-mêmes". On ne guérit jamais de son enfance malheureuse. Même à un âge avancé. Je sais, j'enfonce des portes ouvertes.

Je me sens depuis quelques jours comme avant. J'allais bien mieux avec toute cette marche et cette hygiène alimentaire. Suivies avec conviction depuis pratiquement un an. Et puis là, mes efforts et ma foi se relâchent. Je ne crois plus à la vertu d'une volonté farouche pour s'aider soi-même. Plus envie. Je fais des conneries. Je n'ai plus l'indulgence amusée que je manifestais envers mon mari quand il exagérait un peu dans le machisme. Je n'ai plus d'humour.

Je pense de plus en plus à demander des calmants à mon médecin parce que je n'en ai presque plus. Normalement je n'en use pas du tout mais depuis quelques jours, il me faut prendre des cachets pour calmer mon anxiété.
Il m'arrive de penser que je pourrais être tentée à tout avaler d'un coup. Attention, je ne suis pas prète mais j'y pense et ça, ça ne m'arrivait plus. La délectation morose avait fait place à un équilibre de vie tout à fait satisfaisante et que je ressentais avec gratitude envers moi-même, pour ma tenacité et ma prise de conscience.

Je ne voudrais pas relier les incidents de ces derniers jours à cet état moral. Mais il y a une connexion certaine. J'agis de façon décalée. Et puis depuis hier, j'ose même plus aller faire mes courses. Je n'arrive pas à me défaire de cette image du vigile qui m'interpelle devant tout le monde. Je suis dégoutée. Je ne pensais pas tomber si bas.

Je je je je je je je je

voilà c'est fait. Pas capable d'élargir ma pensée. Tout est recentrée sur mon nombril. L'état dépressif est peu glorieux. Aucune lumière ne peut attirer qui que ce soit vers la personne qui en est atteinte. Rumination et obsession occupent toute la place.

Mais je ne suis pas seule. Mon fils doit venir probablement ce week-end. A moins qu'en l'absence de son père en déplacement, il ne juge pas intéressant de venir. Je crois quand même qu'il y a un match de rugby sur canal+ et comme on est abonné, ça augmente les possibilités de sa visite. Je l'aime beaucoup mon fils. Il est si secret. Je crois qu'il cache une grande sensibilité mais en même temps, ainsi, il ne donne pas grand chose non plus. Pudeur ? Timidité, retenue ? Mais je le sais fin et observateur. Il est trés gentil et n'a jamais posé de problèmes. Lui et sa soeur ont eu une excellente éducation. Leur père est le meilleur des pères, intelligent et intègre. Ils ont hérité de ses gênes. Je lui ai toujours volontiers laissé les rennes. Il les a tenues avec douceur et pédagogie.

Bon ce billet est fait.

Et maintenant que vais-je faire, reu... De tout ce temps que sera ma vie ? De tous ces gens qui m'indiffèrent-rent.... paroles de Gilbert Bécaud, musique universelle.

Next.

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30 octobre 2009

ce besoin de l'écrire

Oui, c'est tardif mais indéniable. J'ai besoin d'écrire pour me délester de ce caillou là qui m'empêche de bien respirer.
Mais pas seulement.
Hier soir j'ai pris la décision de me flanquer devant la télé et de ne plus en bouger jusqu'à ce que sommeil s'ensuive.
J'étais tellement perturbée qu'il fallait de toute façon que je décide quelque chose.
Hélas, la télé n'a pas été assez forte pour moi et quelle que soit l'état de mon moral si troublé, je n'ai pas manqué de m'agacer en zappant de toutes mes forces d'une chaîne à l'autre. Vraiment rien. J'ai pris un bout de la vérité si je mens 2 et pas de bol je l'avais déjà vu et déjà pas beaucoup aimé. Ca va un peu les grimaces et les outrances hein quand on n'a pas la tête à la fête. Pour la forme j'ai encore cherché et rien trouvé mais tout de même, j'ai bien dû être dans un état second parce qu'en levant les yeux j'ai constaté qu'il était 1h30 du mat. A regarder des inepties la tête toute embrouillée et à rester planter là, la zapette idiote entre mes doigts sans contrôle.

Je me suis dit qu'il était inutile de se mettre dans des états pareils pour une telle broutille. J'ai bu de l'actimel et j'en ai reposé la bouteille sans passer par la case caisse. OK. Mais le directeur a quand même parlé d'une plainte qu'il allait déposer et tout le magasin stationnant près de la sortie, parmi eux des tas de gens du coin que je connaissais bien, ont eu droit à un spectacle auquel ils ne s'attendaient pas et qui allaient probablement délier les langues et me forger une étiquette. Tout simplement parce qu'ils m'ont vu suivre le vigile et rejoindre le directeur du marché qui m'ont fait vider mon sac - et oui tout de même - sortir ma carte d'identité. Ils ne savent pas que c'est parce que j'ai bu un tout petit flacon de yaourt à boire, si ridicule que je n'ai pas jugé utile de l'adjoindre à mes courses à payer. C'est terrible parce qu'aujourd'hui, si je recontre mon voisinage, idiote comme je suis, je vais me sentir obligée de raconter ce petit instant si minable de ma life, oui mais aussi si perturbant et en tout cas spectaculaire. Dégoutée. Je sais que vu de loin, et à lire, ça peut paraître anodin et si moi je vous dis que ça ne l'est pas, c'est que j'en suis sûre. Je fais partie de quelques groupes de randonnée, de jeux, etc. et la nouvelle va circuler. On va me regarder d'un autre oeil et pour mon ego écorné, c'est insupportable parce que j'ai toujours fait attention à cultiver une image de marque plutôt jolie, joyeuse, et conforme dans l'esprit à ce que doit être une dame bien établie dans sa commune. J'ai bien une image de femme fantaisiste et anticonformiste mais là, pardon, rien à voir. Certains et certaines vont tirer des conclusions, dire que ça les étonne pas.

Je sais que c'est mon imagination qui travaille à plein régime. Mais à cela se mêle un esprit réaliste et qui connait bien la nature humaine et le plaisir qu'il y a à décortiquer le côté obscur des gens qu'ils cotoient parfois et qu'ils ne connaissent pas trés bien. Une nature atypique telle que la mienne c'est parfait pour tailler le bout de gras ici ou là.
Et puis l'hypocrisie et la façon détournée dont on voudra savoir pourquoi...quand une rencontre se fera. Je m'en rends compte, ça sera difficile à ne pas m'agacer.

Faut dire qu'à chaque fois que mon mari part en déplacement et que je me retrouve seule, il se passe quelque chose de troublant. Par exemple, le soir, la nuit, j'entends des bruits dans la maison que j'ignore totalement quand je ne suis pas seule. Je pense aux maladies, je pense aux accidents, je deviens d'une tristesse effarante. Il m'est arrivé par inadvertance de me retrouver face à un miroir dans un de ces moments là, je n'ai plus la même tête. Les traits sont descendus. Mes yeux brillent. Je ne suis pas loin des larmes.

Le sommeil ne venant toujours pas, j'ai repris un autre bout de lexomil. J'en avais déjà consommé la moitié quand je suis arrivée hier. J'ai un peu dormi mais à 4h30 ce matin, je me suis levée et me suis plantée devant l'ordinateur pour voir si j'avais des messages, pour lire un peu la presse internet, libé, 20 minutes, le post.. tous ces sites que j'ai mis dans mes favoris. Mais la nuit tout le monde roupille et il ne se passe rien.

Je me suis endormie finalement et me suis réveillée ce matin vers 10h., j'ai petit déjeuner, et je suis venue sur le blog parce qu'hier, discuter m'a fait beaucoup de bien. On croit que tenir un blog c'est rien. La plupart du temps je n'en ressens pas le besoin mais dés qu'il y a un accro dans la belle toile de mes journées, hop, je décide de l'écrire ici même si, honnêtement, je pense qu'il n'est pas nécessaire de dévoiler ses parts d'ombre, ses manies, ses petits vices. Pas nécessaire peut-être mais si tenir un journal intime c'est raconter qu'on s'est promené et qu'il fait toujours aussi beau, que je vais bien et que je pense aux fêtes prochaines, ma foi, quel intérêt pour les autres et surtout pour moi ? Combien de fois ai-je été tenté de tout supprimer de mes textes ? Je me suis ravisée à chaque fois en pensant que parfois, rarement mais c'est important à mes yeux, écrire avait un effet bienfaisant. Pas totalement thérapeutique, faut pas exagérer, mais c'est un déversoir, une façon de m'expliquer à mes yeux. C'est tellement peu de choses vu de l'extérieur ces incidents qui me perturbent tant et que je relate avec fébrilité que je me dis que proportionnellement c'est trés favorable à mon esprit que de m'épancher.

C'est sûr que je ne dirai jamais TOUT.

Allez, un peu de légèreté maintenant : la météo est bonne. Je vais m'aérer et cette aprés-midi ce sera détente avec une partie de scrabble qui me permettra de désembrumer mon esprit si fragile.

J'ai fait un truc fou hier. J'ai envoyé 200 euros à mon neveu qui vient d'avoir un bébé. C'est tout à fait normal et pas de quoi s'en vanter me direz vous oui, Ok, mais faut savoir que je n'ai aucun lien avec ce neveu qui m'appelle à chaque fois que sa femme accouche. Et c'est son deuxième enfant. A chaque fois je me dis que j'en ai rien à faire de cette famille qui m'ignore superbement et qui me fait part de quelque événement quand il se produit. Mais là, j'ai été tellement contente qu'il m'appelle que je lui ai annoncé que je lui enverrai un chèque pour acheter un cadeau au petit Matt. C'est son prénom. Donc, je ne suis pas si aigrie que cela hein ? Parce que des fois je me dis que je vieillis trés mal avec les travers qu'on porte aux dames qui s'éloignent définitivement de leur jeunesse et qui n'en reviennent pas. Non, je peux encore avoir des élans de générosité et ça, c'est bien. Je m'octroie de vives félicitations tiens. Et je vais me reprendre un café pour saluer cette pensée agréable. Non pas de yaourt, pas d'actimel, pas de lait. Finito. Je ne veux plus penser à cette méchante boisson qui m'a tentée dans ce magasin de façon anormale. Pourquoi n'ai-je pas avalé une gorgée d'eau puisque j'avais soif ? J'en sais rien. Pulsion vous dis-je, pulsion. Et qui dit pulsion dit geste inhabituel, élan fatal.

Le directeur d'Intermarché m'a laissé entendre qu'il ne veut pas me voir dans son magasin. Tout ça ??? C'est fou mais où irai-je acheter ma daurade royale ? Chez Picard, chez l'épicier. Non non, je vais laisser passer un peu de temps, faire profil bas puis revenir. Devrai-je changer mon apparence ? Passer chez le chirurgien esthétique et me teindre les cheveux pour ne pas avoir le vigile à mes trousses ? On verra. Bon me revoilà partie à délirer.

Si je reçois une convocation, ce sera comique d'expliquer à un magistrat que j'ai bu un petit flacon d'actimel parce que j'étais ensuquée. Je ne doute pas de son indulgence mais c'est un peu minable de déranger des gens en robe pour une gorgée de yaourt bien sucré. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse dit-on, mais j'ai pas aimé et ça c'est encore plus dommage.

J'ai repris 2 kilos. C'est pas beaucoup mais faut faire gaffe. Je dis ça parce que c'est pas une question vraiment de faim. C'est la nervosité qui me fait manger. Ces 2 kilos c'est mes nerfs qui me jouent des tours et qui me font grignoter n'importe quoi pour calmer un état anxieux.

Ma fille vient le 7 novembre. Pour l'occasion on a invité des amis. J'envisage de tout faire venir d'un traiteur. Je n'ai pas confiance en mes qualités d'hotesse. J'aime pas cuisiner pour des gens de passage. Déjà pour ma famille c'est une contrainte. Mais je veux pas anticiper. Je vois bien que je n'ai que des considérations alimentaires dans ma tête et ça correspond pas à ce qui se passe réellement dans mes tripes.

Je vais rester seule jusqu'à lundi soir. D'ici là inch'allah, je vais tout faire pour retrouver un peu de sérénité.



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29 octobre 2009

désarroi et aveu

mon mari est en déplacement. Et comme à chaque fois qu'il s'absente, mon comportement devient quelque peu erratique. Je suis angoissée de nature et naturellement sa présence à mes côtés suffit à m'assurer un certain équilibre psychologique.

Aujourd'hui donc, j'ai fait la bétise de consommer une boisson sur place dans un supermarché, sans la payer.
Alors est-ce conscient ou non ? Je me pose la question. J'ai bu cet Actimel au vu et au su de tout le monde, sans chercher le moins du monde à m'en cacher. Pourquoi ?

L'heure est grave dirai-je avec une fausse ironie. Mais oui pourquoi me suis je ainsi exposée à faire quelque chose d'illégal, sachant qu'étaient présents nombre de mes connaissances et que je risquais de me faire choper à la sortie et c'est ce qui est arrivé.

Que dire de cette sonnerie d'alarme quand j'ai payé mes achats, que penser de l'arrivée du vigile qui sans ménagement se présente devant moi juste devant la caisse pour que tout le monde puisse assister au spectacle de ma déconfiture, et me demande de le suivre.

Aprés voir avoué, j'ai opté dans un second temps pour une autre carte. J'ai nié. J'ai dit que c'était pas moi et qu'il y avait pas de caméra, alors qu'il prouve ce qu'il dit. Ce qui évidemment a retardé mon "acquittement" et a durci la position du proprio qui a parlé de gendarmerie et de dépot de plainte. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Ce soir, je fais un deuxième message sur ce blog parce que j'en ai plein la patate. Mon mari a téléphoné, m'a parlé des cours qu'il dispensait dans les Vosges en ce moment et puis s'enquiert de moi. Je lui dit que tout va bien et puis je craque. Je lui raconte (en minimisant) les faits. Alors lui sa politique c'est : je veux pas le savoir. T'as qu'à assumer. C'est pas mon problème.

Il ajoute qu'il a conscience que je peux déraper quand je suis sous le coup d'une grande fatigue ou d'une forte émotion et que c'est peut-être ceci qui explique cela. En fait il bredouille. Je le sens quand même trés désapprobateur car il est l'honnêteté sur pattes. Il ne ment pas, il est d'une parfaite intégrité. Moi je suis fantaisiste et parfois un peu immorale. Mais de là à être une voleuse patentée non quand même. N'empêche qu'il n'apprécie pas du tout mais comme il est sage il s'abstient de tout commentaire. Ca m'a soulagé de lui avoir parlé.

Et si je recevais une convocation ? Bon allez, je crois que je ne risque pas grand chose et bien que je ne sois pas conformiste, je redoute les racontars et ma réputation entachée. Bien sûr faut laisser courir mais vu ma vie pépère et bien rythmée, je tiens quand même aux petits saluts et à la courtoisie qui sont de mise et pratiqués sans faillir dans mon entourage. J'espère que je ne serai pas un objet de mépris. Car je le répète : ils m'ont vu embarquée par le vigile et ils ne savent pas pourquoi. Ils ont entendu le portail sonner et m'ont vu sortir toutes mes courses du sac à dos. Donc l'imagination pourra se donner libre cours et ils vont pas se gêner.

J'en ai marre de ressasser. Marre d'avoir eu la poisse. Marre de ne pouvoir assumer comme une grande.

Mâmmmmmmmannnnnnnnn, j'ai peur !

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La honte de ma vie !

J'ai fait mes courses à Inter comme à peu près tous les jours.

Je revenais d'une longue promenade. J'étais fourbue et j'avais les jambes qui tremblait un peu.

C'est alors que prise d'une impulsion irrésistible, j'ai pris une petite boisson lactée et je l'ai bue. Puis je l'ai reposée.
C'est idiot et malheureusement, pour une fois que je suis totalement déraisonnable, je me suis fait prendre comme un enfant de trois ans.

A la caisse, le signal a sonné. Le vigile est venu me demander de l'accompagner. J'étais livide. Il me demande si je sais pourquoi il intervient. Moi bien sûr je dis : non non.

Je lui propose de vider mon sac à dos pour bien constater que j'ai rien piqué, mais il insiste pour savoir si j'ai fait quelque chose à l'intérieur du magasin. Et il me montre le petit récipient de la boisson. Vide. C'est vrai que je ne me suis pas cachée. Bien sûr que j'aurais dû le conserver et le payer à la caisse, ça coûte trois fois rien. Mais je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me suis sentie honteuse, coupable et j'ai évité de me montrer hystérique.

Il y avait plein de gens qui me connaissaient dans l'Inter. Des amis, des voisins. Sympa !

Le dirlo est venu. Menace de porter plainte pour un montant de moins d'un euro. Mais je comprends et je paye.

N'empêche qu'ils ont pris ma carte d'identité et l'ont photocopiée.  Vont-ils vraiment déposer plainte ? C'est un cauchemar cette histoire.

Non mais qu'est-ce qu'il m'a pris ? La fatigue rend-elle imprudente, folle et voleuse ? J'ai envie de vomir.

J'ai quitté le magasin, sonnée. Et puis aprés un bon quart d'heure de marche je refais demi-tour pour demander au directeur s'il va vraiment faire ce dont il m'a menacée ? La caissière me dit qu'il est en rendez-vous. Ca sent la consigne. Et ça va chercher quoi ça d'avoir bu 15 cl de yaourt lacté sans m'acquitter de son prix ? Si mon mari apprend ça il va hurler. Et mon fils qui est avocat que va-t-il en penser ? Et mes voisins et connaissances qui m'ont vu suivre le vigile que vont-ils penser de moi ? Que j'ai piqué une télé ? Des trucs trés chers ? La caisse ?

Je suis dans un état de grande confusion. Envie de pleurer, peur et honte.

J'essaie de téléphoner au directeur. Il serait en rendez-vous sans discontinuer. OK j'ai compris. Il veut me laisser dans mon merdier mental.

Je sais que j'ai fait une bétise et je m'en mords les doigts, d'autant que cette boisson était trés mauvaise mais j'étais en hypoglycémie me semble-t-il et j'ai agi avec impulsivité et infantilité. J'ai pensé que je pouvais reposer le truc vide, c'était si peu de choses. Aucun discernement sur le moment je l'avoue. Mais je ne vais pas m'autoflageller plus longtemps. Je pense qu'il y aura des conséquences, ne serait-ce que pour ma réputation dans le quartier puisque des voisins ont assisté de loin à la scène de confrontation.

Bon sur ce, ignorant comment je pourrais bien me calmer, et en grand désarroi, je termine ce billet en me traitant de pauvre folle, de stupide et d'ignoble. Ca ira bien pour ce soir. Vie de merde.

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14 octobre 2009

les jeudis de 14H à 16H30 je me rends systématiquement à la randonnée programmée par mon club. Nous sommes une cinquantaine environ, parfois moins, rarement plus. On se fait quand même remarquer pour les petits tronçons de route que nous traversons avant de prendre notre long itinéraire. Parmi les membres de ce groupe trés peu d'hommes, même pas 10, et plutôt 5 ou 6.

Jeudi dernier je parle à voix haute à qui veux l'entendre de notre métro toulousain et des annonces qui sont faites des stations : une fois en français, - normal - et une autre fois en occitain. C'est une mesure prise récemment pour je ne sais quelle raison et qui m'a stupéfaite. J'ai trouvé ça vraiment ridicule d'entendre le nom des stations visitées dans la langue régionale. J'ai trouvé l'effet comique et la dernière fois que j'ai pris ce moyen de transport j'ai été secouée de fous-rires tout le long de mon trajet à entendre ces traductions qui ne me paraissaient pas justifiées, une fois suffisant largement pour savoir où on se trouvait.

Donc, je fais part de mon hilarité au groupe et quelqu'un me tape sur l'épaule pour m'expliquer que loin d'être ridicule, cette annonce faite en occitan était une excellente chose. A partir de là ce monsieur ne me lâche plus. Il enseigne cette langue et il est visiblement passionné par le sujet. A la limite on aurait dit que les Toulousains avaient été colonisés et que s'ils parlaient français c'était par un malheureux concours de circonstance. Il était occitan avant tout et il tenait à me le faire savoir. Je n'y voyais pas d'inconvénient à à vrai dire je m'en contrefichais. Cependant ce monsieur ne m'a pas quitté d'une semelle, c'est le cas de le dire, pendant toute la promenade. Certes, il était érudit, sûrement intéressant et savait beaucoup de choses sur la langue régionale en question que j'ai eu le malheur d'appeler "patois". Il avait l'air outré de ce qu'il appelait le mépris des gens venus d'ailleurs. Bon. De toute façon tout cela ne m'empêchait pas de marcher et aprés tout puisqu'apparemment il avait enfourché son dada préféré, je voulais bien lui préter une oreille distraite qui avait l'air de lui convenir puisqu'il m'a un peu "collée".

Hier, mardi, je me rends à une autre sortie organisée toujours par mon club et appelee "marche de santé" car elle est rapide et lente, en alternant. C'est bon pour le coeur, alors j'y vais puisque j'ai aussi beaucoup de temps et que de toutes façon je me balade tous les autres jours, seule.

Je me retrouve à côté d'une amie, celle avec qui je me préfère parler pendant ces promenades, à l'exception donc de jeudi dernier quand le monsieur m'a accaparée pendant plus de deux heures.

Et alors je lui raconte tout, avec un peu d'exagération pour donner un peu de piquant au récit, je rigole, je me moque un peu et je conclus qu'il n'est pas bon de se trouver dés le début d'un long parcours avec un vieux raseur.

C'est alors qu'une des deux femmes marchant devant moi se retourne et me dit :
- il n'arrête jamais hein ?
- Ca non ! Vous le connaissez  ?
- C'est mon père
et la femme à côté d'elle de renchérir
- et c'est mon mari.

Mon amie et moi sommes saisies, incrédules et trés vite honteuses. Surtout moi.

Pendant la balade je ne pense qu'à ce moment de solitude que j'ai particulièrement mal vécu.

Au moment où nous séparons tous, à la fin de la balade, je me suis dirigée vers la femme du monsieur et je lui dis toute la confusion que j'éprouvais. Trés compréhensive elle me rassure et me dit qu'elle n'est pas étonnée de ce que j'ai dit et que son mari est effectivement trés volubile et passionné par l'occitan.

Ca ne m'a pas suffit. J'aurais bien voulu me justifier auprès de sa fille également. Mais son visage fermé et sévère m'en a dissuadé et je suis repartie, trés génée, vers le supermarché qui était sur mon chemin pour faire quelques emplettes.

Je la vois également dans le magasin et je m'empresse d'aller m'excuser. C'est à peine si elle se souvenait de ce moment et à mon grand soulagement elle ne m'a pas manifesté d'hostilité ni même d'ironie. Elle a eu la même réaction que sa mère et m'a même dit qu'effectivement son père était si expansif et si bavard qu'il lui avait définitiement fait passer l'envie de s'interesser au sujet de la langue régionale tant prisée par son père et revendiquée comme sa vraie langue maternelle, bien qu'il se soit résignée à parler quand même en français vu que c'était quand même ce que parlaient le mieux les gens de la région, malgré tout.

Elle était souriante et elle a réussi à me faire digérer cette honte si malaisée à supporter pendant quelques instants.

Je me suis tout de même jurée de me montrer plus prudente la prochaine fois. J'espère qu'il n'est pas trop tard pour apprendre à être plus discrète et à me méfier de ma propension à parler un peu fort quand on est en groupe.


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10 octobre 2009

Aujourd'hui anniversaire d'une de mes soeurs, le 23 reanniversaire de re une soeur, le 21 celui de mon frère, le 9 octobre celui de mon neveu Nicolas.

Une vraie brassée de roses ou de cadeaux à distribuer si seulement...

Si seulement le lien n'était pas rompu avec ma famille.

Ce mois d'octobre me rappelle que les années passent et que ma famille au premier plan a éclaté en vol.
Des années et des années d'incompréhension, de mauvaise ententes, d'atomes pas crochus, d'inimitié, de révolte, de confrontation, d'agressivité, de violence verbale, de silences assourdissants, d'ambiance familiale délétère où malgré tout, on continuait à se retrouver chez ma mère. La mater dolorosa. Ma vieille mère capricieuse qui volontairement ou pas a fait battre des montagnes, nous a dressés les uns contre les autres. Peut-être pas méchamment mais parce que c'est sa nature de se montrer intrusive et cancannière. Ta soeur a dit, ton frère s'est plaint que... et puis comme elle déforme les propos des uns et des autres, qu'elle interprète et sert à sa sauce, après plusieurs clashs mémorable, le silence... enfin le silence. Mais quand même, la sensation d'un gachis. Rien à se reprocher mutuellement et concrètement. Seulement peu à peu l'édifice s'est construit. Le mur s'est dressé entre nous. Alors j'ai tout arrêté. Depuis plus de trois ans, au bout de deux jours que j'étais chez ma mère, la lutte finale. D'abord avec mon frère, ensuite les autres. J'ai provoqué une discussion qui a tourné au règlement de compte, je suis sortie de la maison, en suis revenue plusieurs heures plus tard. Ma mère a demandé à une de mes soeurs de me virer. J'étais à Paris, loin de ma ville du sud, et je ne savais pas où aller. Il était tard et je n'ai pas eu d'autre alternative que d'aller chez ma fille où je n'avais jamais été. Je ne savais pas où se situait son appart', quelque part dans Boulogne Billancourt mais j'ai dû me dépatouiller avec ma valise et débarquer chez elle le coeur lourd. Hélas, c'était vendredi soir et elle partait en week-end. Je suis donc restée seule jusqu'à dimanche jour de mon retour. Des amis avec qui j'étais venue en voiture, m'ont ramenée avec eux.

J'ai fait la morte pendant plus de quinze jours mais j'ai quand même téléphoné à ma mère parce que trés vite j'ai pensé qu'il le fallait. Elle avait 87 ans et si elle mourait, j'allais culpabiliser et j'ai bien pensé que ce serait mauvais pour ma santé mentale. Donc j'ai renoué le contact. En revanche pour le reste de la famille c'était niet. Et ça le reste. Non pas que je leur en veuille particulièrement mais je suis bien plus tranquille maintenant.

Néanmoins, l'émotion a été forte. Peu de temps après j'ai attrapé un zona qui a duré plusieurs mois et qui a probablement déclenché une dépression nerveuse qui ne demandait qu'à se manifester.

Quelque part, ça m'a été salutaire. Je me suis occupée de ma santé. J'ai décidé de faire de l'exercice comme de la marche et depuis prés d'un an je m'y tiens à raison de deux heures quotidiennes. J'ai balancé mes anxyolitiques qui m'ont toutefois bien rendu service et je leur rends grâce. Ces trucs là faut pas qu'ils vous tiennent trop longtemps et vous mènent à la dépendance mais pour vous aider à tenir le coup, ils sont indispensables. Je ne pouvais pas respirer et l'oppression et le malaise que je ressentais étaient affreux.

Ce sont tous ces anniversaires qui m'ont fait penser à eux tous là bas qui ne se soucient pas plus de moi que moi d'eux. A nos âges ! Alors que c'est maintenant qu'on pourrait se soutenir, se faire du bien à se confier intimement, chaleureusement; si seulement on était une famille aimante comme j'en connais des tas.

Pour être juste, j'en connais aussi d'autres qui sont en conflit perpétuel. Disons que dans une même famille on a souvent tous le même tempérament. Il y en a des calmes et des fougueux, des rancuniers et des affectueux. Mais je ne dirais pas des bons et des méchants. Ce n'est pas comme ça que ça se construit la mauvaise entente. Ca se tisse, ça se fabrique dés la petite enfance, à travers le comportement des parents. Ce sont eux qui donnent l'exemple, qui orientent nos vies. Pas totalement mais en grande partie.

Sinon je ne me plains pas. Je trouve que pour moi, la balance est équilibrée. J'ai un mari doté de nombreuses qualités et pour qui j'ai de l'amour et d'estime et mes enfants me comblent par l'orientation qu'ils ont donné à leur propre existence. Bonnes études, bonne mentalité et vie saine. Cette famille que j'ai construite, elle est plutôt réussie et je n'y suis pas pour rien. Je m'estime réhabilitée, considérée.

Tout va mieux, j'ai bien bossé en ce sens. Mais je veille à ne rien compromettre par trop d'auto satisfaction. J'ai des efforts à fournir.  Tous les jours.

Posté par celor à 19:11 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'ai rencontré Jane Birkin quand j'avais 20 ans. Je venais d'arriver en France. A Paris même, direct. Origine : Maroc, Casablanca. Là-bas pas de radio ouvrant ses portes au public, pas de télé encore. Pas d'idoles de la chanson à vénérer. J'écoutais mon transistor avec dévotion et je rêvais du milieu des media.

Depuis toujours j'étais fascinée par le monde de la radio et j'en aurais bien fait partie.

Une fois à Paris, travaillant aux Champs-Elysées, j'écumais dés que possible tous les studios qui se trouvaient dans le quartier. Notamment ceux où passaient des émissions cultes d'Europe 1 et de R.T.L.

J'assistais aux Grosses Têtes au cours desquelles j'ai vu passer toutes les célébrités de l'époque. J'étais une vraie fan des sixties. Pas hystérique mais passionnée.

Je naviguais entre cette radio qui était rue Bayard et Europe I rue François Ier qui se trouvait pas loin, dans une rue prestigieuse du 8e arrondissement, celle où nombre d'éminents couturiers ont leur boutique. J'ignore celles qui ont résisté et qui ont toujours leur enseigne dans cette rue. Une de mes amies travaillait pour Courrèges. Elle connaissait trés bien le couple propriétaire de la marque et les trouvait sympa.

Je pense souvent à cette amie que j'ai perdue de vue. Elle était Corse d'origine et s'appelait Françoise. Je l'évoque juste pour ce billet car évidemment plus aucune nouvelle d'elle, comme de tas d'autres camarades, collègues, ou rencontres sympathiques que j'ai pu avoir lorsque j'habitais la capitale. A 20 ans on se lie trés vite. et je connaissais pas mal de monde. De plus dans la société où je travaillais, il y avait des jeunes gens et des jeunes filles à tous les étages, chaque service de cette boite occupait un étage du grand immeuble de la Défense où elle était située.  On se regroupait régulièrement pour aller en boite, aux cabarets, ou au bowling de Montparnasse.

Pour en revenir à Jane Birkin, un soir que je me trouvais aux portes du studio de RTL où elle participait à l'émission  de Philippe Bouvard, avec Serge Gainsbourg, j'ai pu l'approcher et la regarder évoluer parmi ses fans à qui elle signait des autographes et pour qui elle avait un mot gentil et charmant avec cet accent qu'elle n'a pas perdu. Elle était merveilleusement belle avec sa frange, son panier fourre-tout et ses grands yeux frangés de longs cils (vrais ou faux ? A cette époque les faux-cils étaient à la mode).

Je parle d'elle aujourd'hui parce qu'en allant sur certains sites, je vois la photo de ses filles. Elle était bien mieux qu'elles physiquement et vraiment plus classe ! Elles sont plutôt pas mal Charlotte et Lou mais il leur manque ce je ne sais quoi qui pourraient les distinguer d'autres jeunes stars de leur génération. Elles n'ont pas la même aura et peut-être pas la générosité immense de Jane, partante pour défendre beaucoup de nobles et grandes causes humanitaires. Charlotte se met en retrait et semble bien timide, tout comme son père je pense. Et comme beaucoup de timides je sais qu'elle peut avoir de grandes audaces elle aussi. Pour exemple son dernier film où certaines scènes sont assez choquantes. Elle a remporté un prix d'interprétation qui est paraît-il mérité parce qu'elle y fait une remarquable interprétation brûlante et excessivement crue. J'ai pas vu le film mais je pense finalement que c'est la digne fille de son père.

Quant à Lou, un chouia vulgaire mais jolie, je ne sais quoi penser d'elle. Elle n'a pas donné de grandes preuves de son talent et occupe plutôt les pages des magazines people et de mode. Attendons, elle est encore jeune.

Ce billet est plutôt un hommage à la simplicité, au naturel, et à l'émotion que procure Jane Birkin. Elle a vieilli (et moi aussi), et elle est restée pure et elle a une belle âme, qu'elle a su conserver et sublimer. Son engagement est sans faille envers les hommes et femmes victimes d'injustice.

Dommage qu'elle n'ait pas retrouvé un auteur-compositeur de la trempe de Serge Gainsbourg pour lui concocter encore de belles chansons qui collent à son personnage fragile et fort à la fois. J'ignore si elle chante encore mais je sais que j'étais fan de la chanteuse et de l'actrice, que je ne retrouve plus, exerçant son art ou alors elle refuse la médiatisation. Mais c'est trés bien qu'elle s'engage dans les droits de l'homme. C'est quelqu'un d'entier et de foncièrement bon. Et finalement pas seulement l'ex femme amoureuse et so sexy du couple torride formé avec l'homme à la tête de chou. Il est réconfortant de constater que dans ce métier il n'y a pas que des gens superficiels et qui galvaudent ce formidable pouvoir qu'est la célébrité. Les artistes quand ils ne sont pas égocentriques comme c'est souvent le cas, peuvent se rendre bien plus utiles que le commun des mortels dont nous sommes. Jane Birkin, comme Brigitte Bardot, sont de grandes dames (comme on dit) qui mettent leur notoriété au service des hommes et (pour moi c'est trés important) des animaux. L'impact de leur action est immense. Merci à elles et à d'autres encore. Jane Birkin est quand même un bon exemple de ces personnes de qualité.

Posté par celor à 15:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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