LE BLOG DE CELOR

comme ça vient.

31 août 2008

Je suis bien épuisée là.
François, mon neveu, ainsi que son père, étaient à la maison dés 11 heures ce matin. J'étais en pleine préparation de mes menus. Inutile donc de préciser que ça ma destabilisée, perturbée.
Quand j'organise, programme, prépare, et surtout en cuisine, j'aime être tranquille. Alors accueillir deux gus qui viennent bien avant l'heure prévue, j'aime pas trop.

Je continue tant bien que mal ma tambouille. J'inventorie tout ce que j'ai dans les placards pour l'apéro, on sort le champagne, et voilà, c'est parti mon kiki, pour une journée non stop de servage.

J'ai pas l'esprit trés clair ; je pense à faire plein de choses pour le repas mais une fois de plus, ça se vérifie en l'occurrence : trop c'est trop. J'aurais que des pâtes et des steaks, il n'y aurait pas de choix à faire.
Or, choisir c'est renoncer. J'ai acheté plein de victuailles, faut donc que je me décide sur ce que je vais présenter aux repas. Au minimum 2 pour aujourd'hui.
J'ai lancé mon rôti de porc assorti de belles patates au four pour une demi-heure environ. Comme j'ai des pommes dont je ne sais que faire, je décide de les adjoindre à l'oignon et aux patates pour faire un chouette repas sucré-salé dans l'air du temps. J'oins ma viande de miel pour qu'elle prenne une belle coloration dorée et une apparence croustillante.

J'ai préparé la veille deux gâteaux : un au chocolat avec des mures et des framboises dont j'ai une belle moisson de mon jardin, et un au citron. Hélas, le démoulage de celui au chocolat s'est mal passé. J'avais probablement mis trop de fruits rouges et le gâteau est mou et s'affaisse. Le cake au citron est bien d'apparence mais le hic c'est que ça fait pas dessert moelleux, crêmeux. Il faut absolument qu'il y ait aussi de la glace dans l'assiette à dessert pour l'accompagner. J'envoie mon mari en chercher chez Picard.

Pour l'apéro, c'est la débandade, le déballage. J'ai tout sorti : les chips, le pâté, les petites pizzas, les tartelettes aux poireaux.
Ca représente bien la confusion qui règne dans mon esprit. Je n'ai jamais pu recevoir en toute quiétude et avec les idées bien claires de ce qu'il convient de proposer au mieux.
Résultat, les invités sont désarçonnés. Ils picorent un peu et moi je les pousse à goûter de tout sous l'oeil sévère de mon mari qui me fait des signes de modération avec sa main.

Quand nous passons à table, je suis déjà bien fatiguée. Bien évidemment je n'ai pas trés faim et j'enchaîne les plats à servir un peu trop rapidement semble-t-il. Inconsciemment ça veut dire : "finissons-en".
Dans la cuisine, le pot de moutarde est ouvert, les assiettes sales sont dans l'évier mais aussi dans chaque partie de la table, les couverts s'accumulent, des bouts de pain partout, les plats de présentation entamés jamais vidés;  le désordre régnant fait grimper ma température de quelques degrés supplémentaires. Je sors les boites de conservation et je range tous les restes. Le frigo n'est pas assez grand pour tout contenir sans un rangement rigoureux. Je sors tout et j'essaie de tout bien répartir. On y arrive, on y arrive. Voilà. Refermons la porte et repassons à table proposer le kawa.
Je demande si tout le monde en veut. Of course qu'ils en veulent. Mon neveu préfère du thé. Ben voyons, bien sûr mon cher enfant, je vais t'en faire. What else ? Je note que personne n'ébauche le geste de m'aider en quoi que ce soit. C'est que je dois alors faire bonne figure. Il est vrai que j'arbore un sourire figé qui peut faire illusion.

Le déjeuner terminé, je monte dans ma chambre pendant qu'ils se livrent tous à des jeux de WII. j'essaie de bouquiner histoire de me détendre quelques minutes et je m'endors. Je me réveille une demi-heure plus tard. Je vais mieux mais quand même un peu ensuquée. J'ai jamais autant désirer avoir mon dimanche tranquilou, à vaquer tranquillement à mes différentes occupations certes modestes, mais auxquelles je tiens parce que douillettes, confortables et éprouvées depuis longtemps.
Que je reçoive 2, 3 ou 8 personnes, c'est pareil. Je fais toujours trop à manger, je me fatigue toujours autant. Cette peur de manquer ... J'ajoute qu'à part cette journée à faire la cuisine et à la servir, j'ai fait à deux reprises durant la semaines quelques aller-retour au supermarché dans mon petit vélo, les sacoches surchargées.

Ca y est. Mon beau-frère est reparti. Le neveu va rester jusqu'à mercredi. Mon mari part en déplacement demain. Ca veut dire qu'il va falloir m'occuper du garçon. J'espère qu'il aura le bon goût de faire la grasse matinée et qu'il sortira l'aprés-midi. Il est là pour vendre ses bouquins de sa prépa à Fermat.  La journée de ventes entre étudiants aura lieu mardi. Demain il dispose de sa journée à la maison. J'aime bien mon neveu, c'est pas le problème. Ce que je n'apprécie pas c'est devoir garder des invités deux ou trois jours d'affilée. J'y arrive plus. Stop aux  contraintes . Je veux agir comme il me semble ou ne pas agir du tout. A mon âge, est-ce trop demander ?

Mon amie Eva m'a envoyé un message par MSG
- ça y est, c'est fait.
- quoi ?
- je le quitte.
- Ahhhhh.....
- On est en plein dans les modalités, les répartitions de biens, ... on discute
- c'est définitif ?
- oui
- félicitations. Tu n'auras aucun mal à trouver mieux que lui
- ce n'est pas à l'ordre du jour
- t'es triste
- non. Soulagée, contente.
- Bravo, je ne pensais pas que tu y arriverais.
- Tu m'y as aidée. En effet, inutile de perdre davantage mon temps.
Je te laisse. Te tiendrai au courant.

Donc voilà. C'est entériné. Elle le jette. Bravo mon amie. Elle a vécu treize ans avec un homme antipathique, ombrageux, tortueux. De plus je lui en voudrai toujours de l'avoir séduite et poussée à quitter son mari. Ca aurait dû rester une aventure d'un soir ou deux. Ca ne méritait pas mieux. Il voulait plus. Il la voulait toute. Quitte à détruire une union de prés de vingt-cinq ans. Elle se retrouve seule, avec un énorme sentiment de gachis.  A 55 ans, elle a eu le courage de décider. De trancher.

Mon fils n'a pas donné signe de vie aujourd'hui. Aprés une semaine chez nous, à nous transmettre son stress et sa crainte de ne pas y arriver, il en a enfin fini avec ses deux rapports de stage. Il se repose. En plus, il a retrouvé son amie qui était en Irlande depuis un mois pour passer ensuite une semaine supplémentaire de vacances chez ses parents, à Tarbes. Je suis contente pour lui. Si une jeune nana peut prendre le relais, s'occuper de lui, le chouchouter, je lui laisse volontiers la place. Je deviens égoïste d'une force.... ;  mais que ces jeunes nous lâchent les pantoufles.

Je suis quand même contente d'une chose : ce matin, malgré tout, même si je devais être en retard pour mon repas, j'ai pris le temps de faire ma gym, mes abdos, mon step. Je me vote un satisfecit et je me dis "bravo à moi".

Je vais bouquiner.




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29 août 2008

Est-ce un réel résultat, un effet concret de mes efforts ?
Depuis que j'ai commencé mes séries de mouvements de gym associés à des séances d'abdominaux plus vingt minutes de stepper journalières, je suis plutôt bien dans ma tête, bien dans mon corps.

Malheureusement, je ne maigris pas, ne perds aucun centimètre de tour de taille. Je le vois à mes vêtements puisque je ne me pèse plus. Ma balance porte bien son nom. Elle dénonce à chaque fois mes excès, mes grignotages et accuse : 1, 2 ou 3 kilos de plus, horreur, malheur.  Alors je l'évite. Je l'ai remisée dans un coin et je m'efforce de l'oublier;

Mon kiné m'a dit que cinq minutes par jour suffisent pour se muscler. A condition d'être régulier, discipliné et persévérant.
Que dire alors de mon heure et demie ? Sans compter mes balades à vélo ? Mon kiné est aussi menteur que mon arracheur de dents. 

Je me fie à mon intuition. Il faut renforcer mes efforts, aller jusqu'au bout de mes limites. Pour pouvoir les dépasser.  Pour l'instant j'ai beau scruter l'endroit où la fameuse sangle abdominale doit apparaître un jour dans toute sa beauté, je ne vois pas l'ombre d'une esquisse de muscles.  Peut-être sont-ils entrelardés, empêchés de se faire voir pour cause d'encombrement ? Je garde l'oeil, je continue à travailler. Ne dit-on pas que rien ne résiste à l'exercice ?

Toujours aussi chaud à Toulouse. La température se calmera avec la rentrée.
Pas vraiment partie cette saison. Je ne considère pas ma semaine calamiteuse à Annecy comme des vacances. Il a plu sans arrêt et j'ai pris de méchantes gamelles lors de mes randonnées glissantes en montagne. Tant pis. Je suis bien chez moi à vaquer à mes multiples occupations en solitaire. Je fais toujours des rencontres sympas. Je n'ai pas de problème pour aller au devant des gens.

Hier suis retournée chez ma commerçante intello : Paule. Sa boutique était encore déserte. Je savais qu'elle serait donc tout a fait disponible pour une de ces conversations à bâtons rompus qui me font tant plaisir.

Comme je me sentais vaguement coupable d'être dans sa boutique sans faire d'achat, au bout d'une heure j'ai fait l'acquisition de deux jolis objets dont la nécessité n'était pas évidente : une énième théière et des tasses à café. Décoratifs et pouvant tout de même servir. Qui sait ?

Dimanche, mon neveu François qui était en prépa à Fermat Toulouse ces deux dernières années, viendra déjeuner à la maison avec sa petite amie, Nouvelle Calédonienne, et son père. Il restera ensuite trois jours à la maison. Il devra vendre ses livres et nous dire au revoir pour un temps indéterminé. Lui, tout comme son frère, venait régulièrement à la maison durant ses études à Toulouse où il était en pension. Il habite Pau mais trouvait contraignant d'y retourner les week-ends.

Quand il arrivait le vendredi soir, il occupait  l'ancienne chambre de ma fille et étudiait sans relâche, ne s'interrompant brièvement que pour prendre ses repas avec nous. A quatre heures je lui portais son thé.

C'est un acharné du travail. Et ça paye puisqu'il a été premier à son concours d'entrée à H.E.C. Mais c'est pas là qu'il ira à la rentrée. Il a choisi une autre école de commerce pour être avec son amie qu'il a connue à Fermat et avec qui il souhaite finir son parcours scolaire. C'est beau l'amour !

Il va donc falloir que j'aille faire encore des courses pour préparer ces repas. Ca n'arrête pas. Comme je ne conduis pas de voiture, j'utilise mon vélo. Intermarché n'est pas tout près. Heureusement que j'ai deux énormes sacoches latérales, mais tout de même. Aprés faut ranger, songer aux menus...  Je ne me suis jamais vraiment mise à la cuisine que je considère toujours un peu comme une corvée.  Il peut m'arriver d'y trouver plaisir ; dans ce cas là c'est toujours une bonne surprise.

Claude prépare sa rentrée à la fac où il est prof à mi-temps. Dés la semaine prochaine il recommencera ses allées-retours entre Paris et Toulouse. Il arbore déjà depuis quelques jours sa tête professionnelle : concentrée et légèrement absente. La fête est finie. Dans quelques jours, il va falloir penser aux choses sérieuses.

Julien a rédigé ses deux rapports de stage chez nous. Il nous a pas mal perturbés avec son air bougon et son stress permanent. Evidemment il rédige ses travaux au tout dernier moment, ce qui génére une certaine destabilisation. Il pousse de gros soupirs en disant qu'il ne s'en sortira pas.

Il s'est installé avec son ordi et ses dossiers au beau milieu du salon, sur la grande table, se faisant café sur café ; Il est reparti en ayant terminé ses corvées, aprés que son père ait procédé à une relecture fructueuse. Normalement c'est terminé.  Et c'est tant mieux parce que j'ai du mal à supporter mes enfants quand ils sont préoccupés et désagréables. J'ai pris l'habitude de vivre à ma convenance, à mon rythme ; Mon fils et sa soeur parviennent à détruire cet équilibre quand ils viennent chez nous avec leurs préoccupations.

Ca y est. Laure est presque sur le départ. Lundi elle sera à Montbéliard. Elle ne nous donne pas beaucoup de ses nouvelles. Je la connais. Je fais avec. Ou plutôt sans. J'espère vraiment que ce transfert se fera sans problème et qu'elle mènera à bien sa reprise d'études. Fallait-il qu'elle soit motivée pour arrêter son boulot, quitter momentanément son ami et son appartement ! Au moins, elle a de la suite dans les idées. Quand elle s'est rendue compte qu'avec son seul bagage littéraire elle n'aurait pas la situation espérée d'encadrement, elle a jugée utile d'y adjoindre de l'informatique et a fait en sorte d'arriver à son but avec un nouveau diplôme et d'autres compétences. Bravo à elle.

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26 août 2008

Ce soir je suis venue à bout d'une grosse boite de sorbet à la noix de coco.
Hier boulimie aussi. Mais de films.

On a regardé les deux saisons de "weeds" puis deux films qui bien que fort différents nous ont bien divertis : "Le papillon" un des derniers films de Michel Serrault, sorte de conte de Noël, joué par une petite rouquine bien craquante. Et aussi "The Chateau" avec Sylvie Testud, l'histoire de 2 frères américains, l'un blanc et l'autre noir (adopté), qui sont avisés qu'ils héritent d'un château en France. C'est marrant.  En tout cas j'ai beaucoup ri de l'inénarrable accent français de ces deux bons yankees qui essaient de se faire comprendre chez nous. Ils auront beaucoup de mal. Il s'avère que les domestiques français qui entretiennent le château comprennent pour certains trés bien l'anglais. Quelques intrigues et rebondissements impulseront de l'énergie à ce film qui débute assez lentement.

Mon fils est chez nous. Il tâche de finir ses deux rapports de stage. A rendre pour la fin du mois.

Laure a appelé. Elle part pour Montbéliard Lundi. Le propriétaire de sa maison en colocation viendra l'accueillir.

Hier elle était invitée chez sa tante, la soeur de Claude. C'était prévisible elle a passé un excellent aprés-midi. Cette soeur et son mari forment un couple zen et optimiste. Des gens de bonne compagnie quoi. Au menu le plat principal : osso bucco. Aux pâtes et non au riz. C'est meilleur.

Ils ont parlé de la naissance du petit garçon de notre nièce, né avec un chromosome en plus. Il est trisomique. Les parents ont eu un coup de déprime sur le moment qu'il a bien fallu surmonter. Cet enfant est là et bien là et c'est le leur. Ils l'élèveront avec le plus d'amour et d'attention possible. Les gamins porteurs de ce chromosome de trop sont parait-il doux, attachants et affectueux.
En tout cas, dans les échographies rien n'avait été décelé. Il aurait fallu faire une amniocentèse. A priori ce n'était pas justifié étant donné que cet handicap chez l'enfant survient surtout lorsque la mère est âgée. En l'occurrence, notre nièce n'a que 30 ans. Pour ma part je suis assez sidérée et bien malheureuse pour les parents. Leur vie va s'en trouver probablement bouleversée et toute l'éducation à reconsidérer. Il faudra beaucoup de présence et d'encadrement pour que ce bébé devienne un enfant presque comme les autres. Le "presque" sera hélas toujours de rigueur.

Il y a un peu plus de dix jours j'ai commencé à faire de la gym. Une série bien complète avec des étirements, fournie par une video de doctissimo. A cela j'adjoins 70 abdos et 20 minutes de step;
Hélas, mon corps peu habitué à fournir tant d'effort, me trahit rapidement. Je pique du nez régulièrement après le repas de midi. Ce qui fait que ma journée est largement, directement et indirectement, entamée par la nouvelle discipline que je m'impose depuis que je réalise que la rentrée c'est pour bientôt. Je dois me sentir en forme pour mes randonnées et d'autres activités prévues dés le début de septembre.

J'ai retrouvé avec plaisir "un diner presque parfait, bonne émission qui mélange cuisine et real tv sur la 6 ; je suis contente qu'on laisse enfin de côté les plats indigestes et estivaux surtout propices aux fans de sport. Ouf les J.O. sont finis.

Je ne lis plus beaucoup. Le dernier "sauve toi, Lola," avait pour héroïne une femme qui raconte son cancer du sein, ses rémissions et ses métastases... Désespérant. Aprés ça, je n'ai plus eu envie de reprendre un livre. Je préfère attendre.

Assez de tristesse. D'autant que j'ai appris depuis deux jours le cancer d'une des cousines de mon mari, ce qui me rend mal à l'aise et hypocondriaque. A quand mon tour ? Toutes les femmes à partir de 40/45 ans semblent bien vulnérables face à ce fléau. Je redoute tellement cette terrible maladie et ses ravages.... La cousine a consulté assez vite. Elle n'est pas atteinte gravement. Elle est au premier stade et n'aura besoin que d'une radiothérapie. J'ai d'ailleurs lu ce matin dans différents sites sur des nets d'infos qu'à propos de cette maladie, trop de chimiothérapie étaient données à suivre abusivement. A présent, on tend à limiter ces traitements terriblement agressifs.

   

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22 août 2008

Ce soir ça va pas. Je suis choquée, triste. Et il y a largement de quoi être abattu.

La nièce de mon mari a accouché. C'est son deuxième enfant.
Comment la féliciter ? Comment lui dire qu'on est contente pour elle et son mari ? Celui-ci a envoyé à Claude un mail annonçant la naissance du petit garçon. "Le bébé est né avec une petite différence : son chromosome en plus ; Nous apprendrons à connaître son univers en lui donnant beaucoup d'amour".

Mon mari n'a pas bien compris.  Il m'a fait part de la naissance, on savait que c'était imminent ; nous nous sommes réjouis de l'heureux événement.
Puis ce soir, il revient sur le message. Un coin de son cerveau s'est souvenu. Il est question de "petite différence". Il met toujours du temps à réagir.
Il dit : "c'est curieux, Bernard parle de chromosome en plus, tiens lis toi-même".

J'ai percuté. Immédiatement. Je suis bouleversée. Notre nièce a tout juste trente ans. Je pensais que la Trisomie 21 touchait un enfant dont la mère est plutôt âgée. Et puis ils ont une merveilleuse petite fille de deux ans, intelligente, vive, jolie comme un coeur. Qu'est-ce que c'est que ce coup du sort qui touche ces jeunes gens ? C'est une tragédie, un deuil à faire de l'enfant parfait qu'on est tous en droit de rêver.

Je sais depuis toujours, comme tout le monde, que les enfants trisomiques présentent des retards intellectuels, souvent des malformations cardiaques, divers troubles de l'oreille, des yeux.

Je me suis renseignée. Par Google je suis tombée sur des sites trés clairs. Qui présentent la maladie, les diverses pathologies, notamment cardiaque, la fragilité, ses conséquences sur l'enfant, sur la famille.  Le tableau est sombre. L'avenir s'annonce plein d'embûches. C'est une véritable épreuve.

On est silencieux ici. On a de la peine ; voilà un enfant qui vient de naître et qui souffrira certainement. Des parents qui vont se trouver confronter à de grandes difficultés de tous ordres.

Pour l'instant on s'abstient de téléphoner, de répondre aux mails. Les parents n'ont probablement pas le coeur à écouter les témoignages de compassion et de peine.

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21 août 2008

Hier soir nous sommes allés au resto avec nos amis le couple W.
Lors du chat en journée avec ma fille, elle m'avait conseillée, puisque j'avais déjà essayé les spécialités indiennes, d'aller dans un Libanais.
Je me précipite dans les pages blanches, note les huit restos de Toulouse où nous pourrions donc goûter ces mets dans une page blanche que je remets à mon mari.
Il dit "on va aller à celui de la rue des Filatiers".

On se met en route. On dépose notre bagnole où on peut, on marche. Le temps est magnifique. On joue  les touristes. On arrive dans la rue en question.

On se plante devant le resto et je dis "on y va ?"
Claude : - bah ça me dit rien, j'aime pas manger libanais".

Ca, c'est tout lui. Il lui faut trois jours pour s'exprimer, une semaine pour réagir.

- t'aurais pas pu me le dire avant ?
- pas grave, on peut y aller dans "ton" resto si tu y tiens.

Je le connais bien et ne m'étonne pas outre mesure.
Tout ragaillardi il annonce :
- on va plutôt s'asseoir là.
Il indique l'endroit qui jouxte le Libanais. C'est un indien.

Nos amis s'en fichent de cette scénette. Libanais, Indien, ce qu'ils veulent c'est diner avec nous. Passer une bonne soirée.

Jusque là tout va bien. Je suis légèrement agacée mais rien de grave.
En guise d'apéro je prends le cocktail maison, mélange de vodka, citron, sucre, cassis.
Je le bois rapidement. J'ai soif. Et faim.

On nous apporte nos plats. La serveuse revient avec ce qu'on a commandé et les traditionnelles sauces.

- celle-ci c'est de la menthe, celle-là c'est trés piquant. Trés piquant. Elle insiste.

Les autres dédaignent d'emblée cette sauce. Et moi, bravache comme je sais l'être parfois, je déclare que "pour moi plus ça pique meilleur c'est". Avec le délicieux Nan qu'on m'a apporté, je sauce. Ce qui, avec la conjugaison de la vodka avalée presque cul-sec me fait imploser. J'ai vraiment trés chaud, trop rapidement. Malgré la température modérée, je commence même à transpirer un peu. La conversation se fait sans moi. Comme d'habitude j'ai mal aux jambes. Et mes pieds commencent à brûler : j'étrennais une nouvelle paire de chaussures.

Je commence à avoir conscience de tous mes maux corporels que j'avais mis de côté, toute à mon plaisir de faire une virée entre amis.

J'ai grignoté mon poulet, repoussé mon riz. La prothèse dentaire prend soudain une place énorme dans ma bouche alors que je l'avais oubliée jusque là. J'ai eu la sagesse de ne pas prendre de riz. Les petits grains se glisseraientnt dans mon appareil. Ca la foutrait mal que je le retire pour le nettoyer et me remettre à manger.

Je n'ai plus de plaisir à être à cette table. Les gens affluent. Il n'y a plus de place nulle part. On est pourtant à l'extérieur et le restaurateur a mis des tables partout.

A chaque fois c'est pareil lors de mes sorties.  Il y a toujours un truc qui cloche. Et aprés j'ai conscience d'autres douleurs ici ou là d'où mal-être général.

Je demande à ce qu'on parte. Un café, l'addition et au lit.
Mais ça ne se passe pas comme ça. Claude appelle notre fils pour lui dire de nous rejoindre le temps d'une boisson. Il dit ne pouvoir passer que dans vingt minutes.

J'insiste : on doit se lever. Aller ailleurs. La serveuse refuse notre carte bleue. Ce qui m'étonne quand même : ils ont une énorme clientèle, pourquoi ne pas intégrer la CB dans leurs paiements ? Enfin tant pis : chacun commence à compter l'argent liquide qu'il a sur lui. On y arrive. On lève l'ancre. On se dirige vers un café, lieu de rendez-vous avec Julien.

A cette heure ci ils ne servent plus de café. On va dans un autre bar. On demande un café. Y en a pas. D'accord, j'ai compris. A 22 heures, on n'en sert plus nulle part. Prise de court je demande un diabolo menthe, qui finit de me rendre malade.  Les autres aussi prennent n'importe quoi sauf Claude qui s'en tient à sa bière.

Fiston nous a rejoint. Un cracheur de feu est là. Il fait le spectacle. J'y adhère pas. Je trouve trés dangereux pour ce pauvre homme d'avaler de l'essence pour gagner sa vie. Il enlumine et réchauffe une bonne partie de la rue.  Il nous fait un petit discours convenu sur sa condition d'artiste "artisan" et fait sa quête.
La rue s'anime. Il y a les flics. Des jeunes sont en train d'aménager. Ils ont mis un triangle avec écrit "déménagement". Ca discute ferme. Les voitures ralentissent. Le cracheur de feu n'est pas content, on détourne les badauds de son spectacle.
On se lève pour rentrer chez nous. Je vais mieux. Daniel, notre ami avait proposé précédemment de faire un bowling mais c'est lui qui est fatigué maintenant. La fête est finie.

A la demande de Mel, mon amie blogueuse, je donne des nouvelles de Peter, le mari malheureux d'Eva.
Un soir qu'il a dû se rendre en déplacement pour trois jours en Allemagne, pour raison professionnelle, Eva a eu une aventure avec J., son collègue amoureux qui a vu là l'occasion à ne pas manquer pour la faire succomber à ses avances de plus en plus précises. Je ne sais pas comment il s'y est pris mais le fait est que pour la première fois mon amie a fait des infidélités à Peter.
Elle a vécu avec son secret pendant quelques jours et puis elle a décidé, pour soulager sa conscience, de tout lui confier. Elle pensait qu'il comprendrait, pardonnerait. N'était il pas le plus merveilleux, le plus compréhensif des maris ?

Il a essayé de passer l'éponge, sans succès. Avec amertume et regret, il lui a demandé de partir. C'en était fini de leur mariage. Réaction logique quand on le connait : la rigidité et le sérieux aussi. Il ne badine pas avec la fidélité.

Il y a deux jours de cela, j'ai demandé à mon amie, pour la énième fois
- tu regrettes ?
- ce n'est pas une question facile. Ca s'est passé. C'est trop tard pour revenir là-dessus. Ce qui est sûr c'est que j'aurais dû me taire. Vivre mon aventure comme tant d'autres femmes sans en faire une affaire d'état. J'ai voulu être honnête.

Peter n'a pas mis trop longtemps à se remettre de sa séparation. C'est un bel homme, sociable, gentil. Ca ne m'étonne pas qu'il ait trouvé trés facilement une compagne. Il n'est pas allé la chercher loin. C'était sa voisine de palier. Celle de l'appartement qu'il venait de louer. Elle est jeune, elle est blonde, elle est belle. Il l'a épousée dés que son divorce a été prononcé. Cet homme est réglo.

Eva et lui n'ont même pas gardé de liens amicaux. Ils s'ignorent. S'entretiennent parfois des enfants. Mais ceux-ci sont grands maitenant. Ils travaillent. Peu d'occasion, peu d'intérêt donc à se retrouver.
25 d'amour oubliés. Deux vies qui se séparent et qui se reconstruisent, avec succès pour l'un (d'après ce que j'en ai appris), avec complication pour l'autre. Eva ne s'en sort pas victorieuse de cette histoire. Elle a joué, elle a perdu. Elle préférerait être seule mais le moment n'est pas encore venu. Elle a du mal à trancher : vaut-il mieux vivre seule que mal accompagnée ?  Elle a 55 ans. La question se pose.

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18 août 2008

Une vieille amie et moi étions en grande discussion hier sur Messenger puis au téléphone.
Nous nous étions éloignées quelques années, d'abord géographiquement, puis à cause des circonstances.

J'ai connu Eva à la faveur d'une petite annonce. Nous habitions Strasbourg, les enfants étaient tout petits : 2 ans et 6 mois. C'était en 1983
Cette annonce parlait d'une constitution de crêche parentale.
Cette crêche s'est effectivement formée. Quatre ou cinq couples s'étaient montrés intéressés.
Elle n'a pas fonctionné bien longtemps. Tous les autres travaillaient, j'étais bien trop disponible pour que les gardes de nos enfants soient équilibrés. Je me retrouvai plus souvent qu'à mon tour comme on dit, chargées de veiller sur eux. Ca ne pouvait pas marcher, c'était impensable. Bien sûr il n'y a pas eu d'insistance ou de résistance quand j'ai parlé de me retirer du groupe.

Eva et son mari Peter sont devenus par la suite de grands amis. Nous allions ensemble en vacances, on se retrouvait pour les réveillons, on organisait des soirées.
Puis on a déménagé. On est arrivés à Toulouse en 1989. Eva et Peter nous rendait visite régulièrement. Nous passions toujours nos vacances ensemble.

Malheureusement un jour j'ai appris qu'elle divorçait. J'ai eu beaucoup de mal à comprendre cet événement que je n'aurais jamais envisagé. Ils s'entendaient bien,  continuaient à se prendre par la main dans la rue, avaient toujours l'un envers l'autre des tas de petits gestes tendres.
Eva s'est laissé séduire par un collègue qui n'a eu aucun scrupule à la harceler, à lui prodiguer mille et une attention pour qu'elle accepte enfin de quitter son mari et qu'elle vive avec lui.

Bien que réticents, mon mari et moi, avons voulu faire la connaissance du "nouveau". Suite à notre invitation à passer quelques jours de vacances chez nous, on a enfin pu mettre un visage sur  ce "suborneur", ce "briseur de couple".
J'étais encore plus perplexe qu'avant. Cet homme était loin de valoir le mari.
Peter est un homme beau, racé, subtil, simple. D'après ce que j'ai rapidement capté de sa personnalité, je jugeais que celui-ci était suffisant, incorrect et physiquement il était mal fichu : flasque, un peu rondouillard et petit.
Bon ça encore.... il avait plu à ma copine donc je n'avais rien à dire. Mais sympa il ne l'était pas du tout.

Depuis treize années qu'elle vit avec lui, ma copine m'a toujours parlé de situation de crise. Un jour elle a même découvert qu'il draguait sur Internet.  Ils se sont quittés puis rabibochés.
Cet homme me déplait fortement, j'ai plus ou moins coupé tous contacts avec mon amie Eva. Pour ne pas avoir à parler de lui ou à le cotoyer, je trouvais que c'était plus simple.

Depuis quelques mois, nous recommençons à nous envoyer des messages et à chatter.

Hier, elle m'a semblée bien abattue. Elle n'arrive pas à le quitter. Il n'a aucune attention envers elle, elle ne l'aime plus. Cependant, il arrive toujours à la faire céder. A chaque fois qu'elle parle de le quitter, il promet, il jure.... tout va changer. Il saura la reconquérir.
Elle m'a parlé aussi de problèmes intimes qu'elle rencontre. Elle n'arrive plus à avoir de rapports sexuels avec lui. Elle veut vraiment tout arrêter, elle me demande de l'aider.

Puisqu'elle me le demande, je me lâche :
Je lui dis qu'il est arrogant, qu'il n'a pas de conversation à part la bouffe et les vins, qu'il est lourdingue, pas beau.... Elle acquiesce...
Elle m'encourage à continuer. Faut pas me pousser, il n'y a pas de problème, je deviens intarissable.
Le climat est espiègle, on se relaie pour trouver des adjectifs qui lui correspondent. Je sens que de son côté elle se détend, moi je me marre... Elle me demande de lâcher l'ordinateur et qu'elle me passait un coup de fil. Notre fou rire ne s'arrête pas. On n'arrive plus à parler. Lui, il en prend plein son grade ou - une variante - il est habillé pour l'hiver.

On enchaîne sur d'autres sujets. On donne des nouvelles de nos grands enfants. Elle me dit sa lassitude de devoir travailler dans son lycée. Elle y enseigne le français et elle en a encore pour cinq ans d'activité avant la retraite, m'entretient de la santé défaillante de sa mère qui se fait vieille elle aussi, tout comme la mienne.
Son compagnon n'est pas là bien sûr. Comment aurions nous pu rire de lui si bruyamment, à la façon des nanas de Bretecher ou pire, des Vamps. Bien entendu on en rajoutait dans l'outrance et la médisance, mais c'est si bon de rire.

Il est resté en Bretagne où on l'a prévenu que sa mère était mourante. Eva ne se sent pas capable de rester avec lui. Elle a préféré rentrer à Nice où ils habitent depuis trois ans. Elle a eu beaucoup de mal à s'habituer à cette ville. Elle commence à y prendre ses marques, elle y a même 2 amies, mais c'est récent.

Je suis contente d'avoir renoué des liens complices avec elle. Ca me rebooste.

Aujourd'hui il fait encore bien chaud. Cependant je suis en forme. J'effectue tous les matins les mouvements de gym que j'ai trouvés en video sur Doctissimo. Si seulement je pouvais trouver la force et la motivation supplémentaires pour faire un bon régime. J'ai quand même pris du poids et ça m'handicape pour retrouver goût au sport. Pourtant en septembre, je reprends les randonnées et si possible d'autres activités. Il faudra que je me montre plus dynamique et entreprenante que je ne le suis depuis le début de l'été.

Claude n'a aucun problème. Son hygiène de vie est remarquable. Il mange de façon mesurée, équilibrée, sobre, jamais compulsive comme je peux l'être. Et dés qu'il le peut il fait ses 50 kilomètres à vélo. Il en profite bien maintenant parce que la rentrée sera chargée pour lui. Il a plein de projets professionnels et va même s'atteler à l'écriture d'un livre qu'on lui a demandé d'écrire. Ca concerne sa profession. Lui aussi tient un blog mais ça n'a strictement rien à voir avec le mien. Il parle de son boulot, des méthodes informatiques qu'il enseigne. Il reçoit énormément de visites et il me lit souvent les commentaires élogieux qu'il reçoit. Il ne sait pas que de mon côté j'écris quasi quotidiennement de modestes lignes qui restent bien confidentielles. Je ne souhaite pas du tout qu'il le découvre.

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16 août 2008

Depuis plusieurs mois, pas un seul coup de fil de ma soeur R.. Ce qui ne m'a pas plus inquiété que ça.

Je l'ai dit  : je n'ai plus de sentiments perturbants envers ma famille. Même plus de rancune. Seulement de l'indifférence. Une vague tristesse en pensant à ma mère, vieillissante, affaiblie. Le peu d'énergie et de force en elle, elle l'emploie à semer la discorde, même sans le vouloir. Son horizon est si restreint qu'elle utilise ce qu'elle entend de la bouche de ses différents enfants pour provoquer un peu d'animation, des réactions.

Ma mère veut qu'on ne lui cause pas de soucis, qu'on ne dérange pas le cours immobile de sa vie. Qu'on continue à venir la voir ou à lui téléphoner, ça elle y tient énormément. Ce qui n'empêche pas ses reproches quand on ne lui parle pas de ses bobos. Quand elle apprend fortuitement qu'on a eu un rhume ou n'importe quoi de bénin, elle se plaint amèrement qu'on ne l'en ait pas informé. Comme si, elle aurait pu nous soulager, comme si elle n'aurait pas ajouté à notre inconfort avec son éternelle angoisse et sa peur pathologique.

C'est qu'elle s'ennuie tellement... Et son anxiété est contagieuse. Ce qu'elle a pu me stresser, c'est rien de le dire. Je n'ai pas fini de me soigner mais ça va mieux.

Avec moi, elle sait à quoi s'en tenir. J'ai toujours en tête les paroles qu'elle m'a balancées à la figure il y a deux ans de cela. A la suite de quoi elle a fait venir la seule soeur avec qui je m'entendais à peu prés pour lui demander de me faire partir. Elle me l'avait ordonné en hurlant mais j'avais pas entendu ou alors j'y croyais pas. J'étais sidérée, littéralement.

Je ne lui avais rien dit sur elle qui puisse la mettre dans cet état. Ca ne la concernait pas. J'avais juste exprimé, je ne sais pourquoi ce jour là, l'extrême agacement que j'éprouvais vis-à-vis de l'attitude de mon frère que je trouvais agressive. J'ai peut-être été virulente, sûrement même mais ça aurait pu s'arrêter là et je me serais sûrement adoucie par la suite.

Pas eu le temps ; dieu, quel crime, toucher à son fils !!! Son fils la chair de sa chair, son sang, son coeur. Elle était dans l'hystérie, l'outrance, la perte de maîtrise. Ma soeur m'a passé son téléphone portable pour que je puisse annoncer à ma fille que je me rendais chez elle. Merci. Quel geste généreux. Je n'avais donc pas le choix.  Je suis partie. Ma soeur a bien poussé la porte. Craignait-elle que je m'impose, que je m'incruste ?

Restée deux mois sans reprendre contact avec ma mère, j'ai fini par l'appeler. J'ai beaucoup réfléchi. Compte tenu de son âge, il valait mieux passer l'éponge. Depuis, je vais lui rendre visite quelques jours deux fois par an. Il n'en reste pas moins qu'avec toutes ces simagrées et ces scènes tragi-comiques, je suis vaccinée. C'est sans nostalgie que j'ai coupé les ponts.
Apparemment personne ne manque à personne, personne ne regrette rien. Je n'ai fait qu'accélerer ce qui devait fatalement arriver : un énorme fossé dressé entre eux et moi, insurmontable. Au moins les choses sont claires. Pourquoi continuer à se regarder sans aménité, à se faire des bises de bienvenue en frôlant à peine la joue sans conviction, en se parlant les dents à moitié serrées, en échangeant des mots sans consistance, en laissant s'installer des silences qui en disent long.

Je voulais quand même commencer à évoquer aujourd'hui du coup de fil de ma soeur ainée. Elle me téléphonait de façon espacée mais régulière.

Elle me ressemble beaucoup mais nous n'avons pas vécu ensemble longtemps. J'avais dix ans lorsqu'elle est partie à Paris ville transit où elle a vécu avec trés peu de moyens, pour se rendre enfin et définitivement en Israël où elle habite depuis 50 ans avec son mari rencontré là-bas. Ils ont vécu quelques années dans un kibboutz où ils ont célébré leurs noces en même temps que plusieurs autres couples.

Dommage qu'elle soit partie . Je me rappelle bien son indulgence envers mon comportement agressif et solitaire qu'elle savait décrypter, dont elle devinait la cause, cette souffrance en solitaire..., Elle a été courageuse. Elle est partie loin. Elle avait intégré une organisation qui l'avait poussée à s'émanciper. Elle a quitté le Maroc avec eux pour rejoindre la terre promise.

On se ressemblait beaucoup physiquement. Et jusqu'à maintenant je trouve que nous avons les mêmes raisonnements, la même façon de nous exprimer. Malheureusement, loin des yeux loin du coeur n'est-ce pas ? Je ne me sens pas proche d'elle non plus avec toutes ces décennies passées éloignées l'une de l'autre. Elle est bien venue deux fois chez nous à toulouse mais les liens étaient distendus, nous n'avons jamais eu d'élan véritable, fraternel, l'une envers l'autre. On se forçait, n'ayant rien vécu ensemble à part ces souvenirs familiaux dérangeants, malheureux.

Elle a fini par me téléphoner au bout de quatre mois de silence radio. Pas de reproches de sa part. C'est toujours elle qui me passe un coup de fil je le reconnais. Je ne prends jamais cette initiative. Elle a peut-être cherché à savoir cette fois ci jusqu'à quel point ce silence m'indifférait. Elle a dû être édifiée mais malgré cela elle m'a contactée et a discuté longuement avec moi. Je lui ai parlé du film israélien que j'ai vu tout récemment "Les 7 jours" qui fait suite à "prendre femme". Ma soeur ne l'a pas vu et semble même ne pas connaître la réalisatrice qui, parait-il, est une star dans son pays. Elle ne va pas beaucoup au cinéma, se défend-elle. En fait elle a trois enfants et de nombreux petits-enfants. Elle est heureuse de se mettre à disposition de tout ce petit monde qu'elle reçoit souvent chez elle.

Inévitablement nous avons parlé de ma mère.

Jusque là j'étais calme, mais comme à chaque fois ce sujet abordé, ma voix monte et s'enroue. Je parle de mes ressentiments, de la peine et du mal qu'elle a fait à tous.
Ma soeur me dit tristement qu'à chaque fois qu'elle téléphone à l'un ou l'une d'entre nous c'est exactement la même conversation. Tout le monde fait les mêmes reproches, déplore ce terrible gâchis .

Sans transition comme on dit au J.T., pour changer de sujet et revenir à ce week-end, je n'ai rien fait de spécial hier, et aujourd'hui le temps est gris. Je n'ai pas l'intention d'accepter une balade en montagne si d'aventure mon mari me la propose. Je sais qu'il aime ça. Jusqu'à présent je n'osais refuser mais depuis la dernière fois où j'ai craqué physiquement et nerveusement, je décide fermement que c'est terminé les efforts. On pourra se promener mais en plaine. Et encore.... S'il y avait un bon film ou une invitation chez des amis, je préférerais.

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15 août 2008

http://www.doctissimo.fr/html/forme/reportages-tv/fitness/exercices-gym-fitness.htm

En faisant du tourisme sur différents sites, j'ai récolté ce lien grâce au forum doctissimo. Je le place ici à tout hasard s'il se trouve des personnes dans le même état d'esprit que moi, c'est-à-dire tourné vers l'effort et le souhait d'améliorer sa condition physique.

J'ai commencé ces différents exercices ce matin. Si je pouvais assouplir mon corps ne serait-ce qu'un peu, ce serait toujours du bien-être de gagné pour ma journée. Je sais bien qu'il faut de la motivation, de la volonté. Du temps. Du temps j'en ai beaucoup, de la motivation oui. Ce matin j'en ai eu. J'ai fait tous ces exercices. Je manque de souplesse et de grâce mais au moins personne pour me regarder. Problème : l'écran de mon ordi est un peu petit pour bien détailler ce que la jolie demoiselle de la démo fait. Et elle va un peu vite mais je suis sûre qu'au fil des jours et (soyons fous) des semaines, ça coulera de source et je m'appliquerai sans problème, d'où peut-être une bonne efficacité et des résultats étonnants. Oui soyons fous, fous, fous... optimiste et ne doutant de rien.

Mon club de marche et randonnée reprend ses activités en septembre. A partir de ce moment là, il y a de bonnes sorties à faire tous les jeudis. Pour environ 3 heures. Sans compter les grandes randonnées une fois par mois. Mais en attendant, je ne fais pas grand chose, à part ces sorties quotidiennes à vélo. C'est déjà pas mal mais j'ai beaucoup à faire si je ne veux pas m'encrouter. L'âge se faisant lourdement ressentir dans mon cas, il me faut aller au bout de moi-même. Ma volonté, mon envie, diminuent, je le vois bien. Je dois me faire violence.

Aujourd'hui 15 août. Jour férié non ? Alors je n'ai pas sorti mes poubelles remplies à ras-bord hier soir. Et bien les camions sont passés quand même. Pas compris. Va falloir attendre mardi prochain pour les proposer au ramassage. C'est pas passionnant je sais bien mais ce sont des petites choses de la vie quotidienne qui peuvent contrarier. Momentanément, heureusement qu'il y a plus grave. Comme il ne se passe rien cet été, que tout semble plongé dans une certaine léthargie, des détails peuvent prendre beaucoup de place dans nos pensées. Vivement septembre que la vie reprenne son cours normal. Et avec ça je ne parle même pas de vacnces. On avait vaguement eu le projet d'une thalasso mais Claude observe un silence significatif et moi je n'aborde plus le sujet.

Temps maussade aujourd'hui mais ça me convient. La grosse chaleur est une ennemie pour moi. Je suis née au Maroc mais mon corps accepte mal une atmosphère trop lourde. Dés que la température est plus basse, mon souffle redevient plus régulier, mon esprit s'apaise, mon humeur se fait plus légère.

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14 août 2008

La crise est passée. Elle fut de courte durée et de peu de vigueur. Où sont passées nos belles années où on s'engueulait avec ardeur en s'adonnant corps tendu et voix forte à sa querelle. Avec passion. Mais où est la passion ? Je ne me rappelle pas ou plus de ce que ça donne en vrai. Ce n'est pour moi qu'un mot de roman, un prétexte à fait divers meurtrier dans les journeaux. Comme peut-être la drogue. Mais j'en sais rien moi, j'ai jamais consommé de la drogue, jamais été torturée par les affres de la passion. Enfin juste un peu peut-être, ou alors il y a longtemps. Quand je ne pensais jamais à ma santé, ni à ce que j'allais devenir si je perdais mes dents et comment faire pour faire baisser mon taux de cholestérol.

Hier Claude et moi on était un peu en froid. Sans plus. Dans ces moments là, je ne ressens ni rancune ni sentiment d'injustice. Je me sens juste un peu plus seule. Comme si j'avais besoin de ça. Le soir, on est allé se coucher, chacun de notre côté comme ça nous arrive de plus en plus souvent. On ne s'est même pas dit bonne nuit. J'ai lu.

Mais non, je ne suis pas dans la plainte. A qui me plaindre de ces jours à venir qui  ne seront que répétition des jours passés. Je crains juste les surprises, les mauvaises nouvelles. Je ne m'attends plus à ce que tombe sur moi à flot cette denrée rare : l'adrénaline. Objectivement, qu'est-ce qui me ferait le plus plaisir maintenant que je n'ai plus confiance en mon pouvoir de persuasion, que je ne peux plus être dans la séduction arme qui me rendait forte dans le passé, que je pense avoir perdu tout charisme ou peut-être même tout intérêt ? J'ai connu le meilleur non ? Même si je ne savais pas que c'était cela le meilleur. Je sais que mes enfants s'en sortiront puisqu'ils on leur en ai donné les moyens et - soyons justes - ils n'ont pas démérité et ne montrent pas d'ingratitude flagrante. C'est seulement qu'ils ne sont pas démonstratifs.

J'ai du recul maintenant. On m'a toujours dit : - prends du recul. J'étais si impétueuse. Je comprenais pas que pour avancer fallait prendre ce fameux recul. J'était dans un élan conquérant et j'ignorais toute forme de remise en question.
Maintenant que j'ai du recul, je gagne du temps. J'avance mais pour aller où ?

Allez foin de morosité.

Faute de vie réelle pleine et féconde, je me nourris spirituellement dans le sens je me nourris l'esprit. En fait pas toujours, certains des livres que je lis ne sont pas d'assez bonne qualité pour cela.
Des fois qu'on pourrait penser à une quelconque vie spirituelle/religieuse, je précise que je m'adonne à la lecture, en journée, le soir et souvent la nuit, je lis tout, souvent n'importe quoi mais parfois par bonheur des récits qui me transportent ailleurs et m'offrent de vrais moments de détente.

En ce moment :  Aprés un livre sur la jeune auteure morte à 20 ans d'anorexie et de dépression, Valérie Valère, je suis passée à tout autre chose car j'en avais bien besoin. Un gros pavé : SEXUS POLITICUS" m'a diverti un peu au début. Un livre sur le sexe l'amour et la politique qui sont indissociables parait-il en France. Une enquête trés fouillée, documentée, bourrée de révélations (pour moi en tout cas) mais trop c'est trop. Des complots, des rancunes, des réglements de compte, du chantage, le sexe qui mène la danse et pousse aux compromissions, aux mensonges. Bref, les hommes de pouvoir sont dotés d'un tempérament de feu et sont de véritables obsédés sexuels. C'est un raccourci.
J'ai glissé trés rapidement sur les derniers chapitres. Plus rien ne me surprendrait ni ne me divertirait de cette lecture.

Je suis sortie faire ma balade quotidienne. J'en ai ramené trois autres bouquins qui me tentaient :
"Son excellence" de Naguib Mahfouz, "J'étais derrière toi" de Nicolas Farguès et "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman.
Amstram gram, je commence par ce dernier titre. J'en suis au tout début mais j'apprécie déjà l'humour, la franchise, la clairvoyance de cet auteur dont je n'avais jamais entendu parler. C'est surement un livre provocateur. En tout cas il n'est pas assez gros pour que je m'en lasse aprés que j'en ai apprécié les premières pages, savoureuses. Il va sûrement bien m'accrocher jusqu'à la fin. Inch'allah.

Le store à rail est posé. Avec ses 8 panneaux. Un vrai casse-tête pour le monter. Ce qui a été fait grâce à l'intervention futée d'une amie pro du bricolage. Mon mari et moi on aurait dû avoir une notice intitulée : marche à suivre pour les nuls. Il pensait s'en sortir tout seul, je savais que non. Ca ne lui a pas plu. Surtout que j'avais raison....
Pomme de discorde.
C'est joli. Il fallait bien ça dans notre salon. Il n'y avait plus de rideau depuis qu'on avait fait repeindre notre maison. On a maintenant besoin d'un nouveau canapé. Le nôtre sent irrémédiablement la pisse de chat. Quand on a adopté notre chaton il y a deux ans, il s'y est acharné à marquer son territoire. Même si on peut s'y asseoir confortablement y a pas de raison..., une terrible odeur d'amoniac s'empare de nous et nous obsède quand même quel que soit le programme regardé à la télé ou en dvd. On parle de faire ce nouvel achat depuis des mois. Et puis on oublie. Mais ça vient, ça vient. Tout finit par arriver chez nous, on fait les choses moins facilement, c'est tout. En attendant, on n'a pas trop envie d'y poser son derrière et de regarder la télé. Cette odeur est à tomber par terre ... étourdissante.

Je suis passé discuter avec Paule, la commerçante érudite et charmante qui est devenue une sorte de confidente à défaut d'être une amie. Pour moi une amie est quelqu'un avec qui on a envie de rire, de prendre un café... c'est pas ça du tout. Je la connais depuis longtemps mais on ne se parle que depuis le début de l'été. J'aime sentir son attention ; elle ne répond jamais à côté et elle ne me contrarie pas en parlant d'elle en retour, tout de suite, sans vraiment faire attention à ce que je dis. Ce qui est trés décourageant.
Coup de bol (pour moi) cet aprés-midi nous n'avons pas été interrompues. On a  passé un chouette moment, bien détendues, du fait que la clientèle était rare. C'est égoïste je sais, une commerçante doit se réjouir d'avoir de la clientèle. J'étais contente qu'on ait pu passer ces instants dans une bonne communication, bien équilibrée. C'est une amie de vacances. On parle bien d'amours de vacances non ? Là c'est juste quelqu'un de bien, une personne dont j'apprécie la compagnie, cool, gentille et loin d'être stupide. C'est pas si courant ça....

Finalement je suis de bonne composition on dirait et peut-être faite d'un matériau plus solide que je ne le pense. En effet, aprés que j'ai décompressé, échangé quelques paroles, ressenti une présence et une attention sympathiques, je me sens plus légère, dégagée d'un peu de ce mateau pesant fait de tristesse et d'amertume qui parfois m'encombrent et m'oppressent au point de me sentir physiquement mal.

Bien que je n'ai pas placé une grande confiance en mon kiné, il a quand même réussi à me faire prendre quelques bonnes habitudes. Je fais des étirements et quelques abdominaux le matin. Il m'a méchamment vexée en parlant de ma sangle abdominale trop relâchée. Et pourtant il a même dû se retenir pour ne pas en dire plus. Quelle misère !!!! Moi qui fais du vélo et de la marche tous les jours et souvent longuement...

Ca durera ce que ça durera. Pour l'instant je suis encore dans une bonne dynamique. Hélas je me connais, un matin viendra où je penserai de façon ferme et définitive que c'est un effort qui ne mènera à rien, que c'est du temps perdu.
C'est idiot... j'ai du temps à revendre. Même que personne n'est preneur. Alors quelle importance d'en perdre en veux-tu en voilà ? Surtout si finalement ça m'est bénéfique ! Mais c'est ainsi, la gym c'est pas un truc qui m'enthousiasme. Alors je mets la télé. Je fais mes mouvements devant "amour gloire et beauté". C'est une cata ce feuilleton, mais le matin ya que ça, des dessins animés ou le fils de Pierre BellEmare qui fait du télé achats avec la même voix que son père mais aucunement le côté populaire et sympa dans le bon sens de son illustre paternel.

Mon fils est passé tout à l'heure quand j'étais dehors avec mon vélo. Scénario habituel : il a déposé son linge sale, il a mangé et il est parti. Il n'a pas attendu mon retour. Il reviendra bientôt reprendre son linge lavé et repassé, il mangera et il s'en retournera chez lui. Il m'agace mais il m'attendrit encore et toujours. Il habite seul depuis peu et il semble tellement avoir faim quand il revient chez nous. Comment lui en vouloir ? Je serai toujours d'accord pour m'occuper de le nourrir et de le blanchir tant qu'il le souhaitera.  On a encore besoin de moi, c'est bon de le savoir. Et c'est un gentil garçon, je le sais aussi. Il n'exprime pas grand chose de ses sentiments mais comme je connais bien son père, j'arrive bien à le comprendre lui aussi.







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13 août 2008

En difficulté on dirait. Claude ce matin a avoué qu'il ne s'en sortirait pas tout seul. De fait, je lui avais annoncé tout net qu'il n'avait pas à compter sur mon aide.

Ce matin, Martine est arrivée, équipée de son matériel de pro, surtout de bons ciseaux, essentiels pour ce travail là. Ils ont posé les rails coulissants aprés avoir percé là où il fallait, en haut des porte-fenêtres. Ce n'a pas été une mince affaire. Ils ont installé 2 panneaux sur les 8 à poser.  Ca rend déjà bien.
Notre amie est restée manger, puis voyant que claude était crevé, pas disposé à reprendre ce travail, elle est partie, proposant son aide pour le lendemain.

Mon mari, curieusement, a marqué le coup. Il était exsangue, épuisé comme tout. C'est étrange comme cet homme hyper actif se montre fatiguable pour certaines choses.

Etant donné mon inaptitude à la couture et au bricolage, et il n'y a pas que ça, je n'ai servi à rien les laissant s'escrimé à mettre en service notre système de panneaux coulissants. C'est en bonne voie.

A part ça, vraiment rien à dire si tant est que ce que je viens d'écrire présente le moindre intérêt pour quelqu'un. Mes activités reprendront en septembre. Comme tout le monde. Je suis en veille.

Julien vient demain soir. Pas de nouvelles de Laure, notre fille. Elle se prépare psychologiquement à aller à Montbéliard je suppose. Pour l'instant elle pose ses marque sur leur nouvel appartementà Argenteuil. Ils viennent d'y aménager. Dire qu'elle devra quitter cet appart tout neuf, tout juste occupé, dans seulement quelques jours.

Posté par celor à 20:18 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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