01 septembre 2008
C'est bien bon aussi le sorbet au citron vert. Comment je le sais ? No comment !
La boite, que j'ai ouverte avec des doigts impatients et déterminés, est maintenant à moitié vide. Disons à moitié pleine, ça va mieux ainsi.
Environ toutes les deux heures, faut que je mange, grignotte, suçotte. Est-ce nerveux ? Non peut-être pas. C'est de l'ordre de l'habitude. Une habitude prise depuis des décennies. Oui parce que quand j'étais petite, adolescente et jeune femme, j'étais tout à fait régulière ; je prenais mes repas comme tout le monde, aux heures universellement convenues pour le petit dej, le déj, le repas. Des fois je m'en fichais. Je mangeais parce que mon entourage le faisait, m'y conviait. Sinon bof... rien à faire de la nourriture.
Ce qui n'empêche que je n'ai jamais été vraiment mince. Toujours légèrement plus ou moins enrobée. Héritage familial. En ce moment je suis dans le plus, plus.
Je me reconnais quand même une certaine constance, de la volonté. Je fais régulièrement de la gym à la maison depuis prés de trois semaines. Je m'y tiens pour l'instant, coûte que coûte. Et dieu sait comme certains jours je trouve ça rébarbatif. Je passe outre. J'ai comme ambition de tenir le coup et de me soumettre à cette discipline le plus longtemps possible. Mais voilà : il s'agit d'une ambition. J'espère que ce n'est pas qu'un voeu pieux.
Comme je me méfie de moi .... ! Où irai-je trouver la motivation quand j'en aurai vraiment assez de m'astreindre à ces efforts réguliers ? Peut-être dans le souvenir de mon état d'esprit d'"avant". En effet je me sens moralement mieux.
Physiquement comment dire ?.... Bien épuisée quand même. Mais de fatigue plaisante d'une certaine façon. Je sens que je suis satisfaite de moi ; alors quand je sors je ne traîne plus les pieds, j'ai l'impression d'avoir un pas plus souple, une démarche plus déliée. Peut-être est-ce une illusion. Qu'importe, cette illustion n'est pas mauvaise, elle est signe qu'il se passe des changements positifs dans mon esprit.
Donc, et pour en revenir à mon addiction, j'ai presque fini la boite de sorbet citron. Une main invisible, ferme, intransigeante, m'a menacée. J'ai obtempéré, rangé à regret ce qui restait dans le congel.
Il fait toujours aussi chaud. Ca sent quand même trés fort la rentrée.
Ma fille a téléphoné de Montbéliard. Elle s'est perdue en arrivant à la gare. Elle a mis une heure pour trouver sa nouvelle maison où elle devra vivre en coloc. avec trois autres personnes : deux gars, une fille.
Elle a la connection internet, ça a été déterminant dans son choix de logement.
Elle dit que c'est un peu vieillot. Il y a un jardin. A l'étage 4 chambres, en bas 1 salle de bain, 1 toilettes, 1 salle à manger mais pas de salon. Je n'ai pas pensé à lui demander s'il y avait une télé et dans l'affirmative alors, où se trouvait-elle ? J'espère aussi qu'il y a un canapé. Mais humm.... si pas de salon, probablement pas de canapé. Bizarre. Elle trouve que c'est pas mal. De toutes façon faut que je la rappelle, j'ai des milliers de questions à lui poser.
Mon fils a terminé son stage chez l'avocat. Il est retourné à son école pour préparer ses exams, et ce pour deux mois au terme desquels il sera enfin déclaré "maître" lors d'une cérémonie solennelle où seront conviés parents et amis. Ce sera peut-être enfin l'occasion d'apercevoir sa petite amie qu'il fréquente depuis une année et qu'on ne connait toujours pas. Je m'explice cette réticence à nous la présenter. Julien est quelqu'un de secret, peu apte à nous faire entrer dans son intimité, sa vie privée. Nous respectons ce caractère. Qu'y pouvons nous ?
Claude est parti à Paris ce soir à 19 heures. Il sera de retour déjà demain soir.
François, notre jeune neveu, va vendre ses livres de prépa demain puis prendra son train pour Pau. Il part dans deux jours dans la région parisienne rejoindre sa pension à l'ESSEC. On n'aura donc plus l'occasion de l'accueillir le week-end comme nous le faisons depuis deux ans. Son frère reste à Toulouse où il accomplit son externat en médecine. Il lui reste encore plusieurs années à faire pour avoir son doctorat. Il est passionné. On sent chez lui la vocation, le sacerdoce, l'accomplissement d'un réel besoin : celui d'oeuvrer pour pouvoir soigner les malades. La mort de sa mère à 40 ans à la suite d'un cancer particulièrement invasif, virulent et cruel, a probablement été déterminant dans sa décision de faire une carrière dans cette branche.
La vie reprend ses droits. J'ai vaguement regardé la télé. Des animateurs et des journalistes bronzés, souriants et entreprenants ont ren repris les rennes. Encore une saison de passé. Les jours s'écoulent, s'en vont sans espoir de retour.
La vie, celle qui me reste à vivre et qui s'amenuise comme peau de chagrin, mériterait d'être pleinement appréciée puisque j'ai le sentiment de plus en plus prégnant que je ne suis pas éternelle. Je me vois vieillir puisque je m'obstine à continuer à me regarder dans les glaces de la maison. J'ai conscience que certaines de mes facultés comme la mémoire, la capacité d'enthousiasme, l'écoute, l'envie de m'amuser, s'étiolent lentement et sûrement. Je ne me réjouis pas de la représentation de mon avenir. J'ai peur de survivre à mon mari. Je redoute la solitude, la vieillesse...
Ca ne m'obsède pas. Mais j'y pense de plus en plus souvent. Par période, je gagne en sérénité, comme en ce moment, mais j'ai définitivement dit adieu à l'insouciance.