LE BLOG DE CELOR

comme ça vient.

11 septembre 2008

Aucune idée de ce que je vais écrire.
Depuis que mon moral est remonté, mon esprit a perdu de son acuité, je suis moins dans l'introspection, la marginalité, davantage dans la vie, la rencontre, la "normalité".

Quand j'ai commencé ce blog, j'avais un besoin vital de m'exprimer, d'écrire ce que je ressentais. Je crois que j'analysais bien les émotions diverses qui me traversaient. Les souvenirs affluaient. J'étais soulagée de pouvoir les écrire, les décrire. De parler de la source de ma déprime. Ce mal être qui s'était installé durant une année,  indéfinissable, sournois, difficile à dompter m'avait changée. De gaie, spontanée, communicative, j'étais devenue quelqu'un d'infiniment triste, sans énergie, repliée sur son malheur.

Grâce au Deroxat, et au temps qui guérit si bien les blessures de l'âme et du corps, j'ai relevé la tête. Précautionneusement, sans arrogance, sans désir d'avancer en sautillant pour annoncer mon retour parmi les vivants. Insidieusement, de même que la fêlure est apparue, le goût de vivre a peu à peu remplacé l'amertume, le rire a débloqué cette boule qui me serrait la gorge jusqu'à me tirer les larmes n'importe quand.
Matin, midi et soir, mon mari, impuissant à trouver les mots, me demandait : "ça va ?". "Non ça va pas"
Non ça n'allait pas du tout. J'ai annulé mes vacances. Je suis restée prostrée à la maison, sans jamais sortir pendant quinze jours. J'ai perdu 17 kilos en quelques mois. J'en étais arrivée à éprouver de la complaisance vis-à-vis de mon état, une sorte de douceur amère. Je ne voulais plus m'en sortir. Et puis peu à peu...

Maintenant tout va bien. Je suis lucide. J'ai toujours mes angoisses. Elles sont supportables si je ne m'appesantis pas sur la peur du grand âge, sur celle de perdre mon mari, sur les maladies qui peuvent survenir et frapper mes enfants. C'est génétique. Dans ma famille tout le monde a peur de son ombre. On redoute tout, on a les nerfs à fleur de peau. Pas forcément sensible à l'environnement, aux autres, mais plutôt "égosensible", néologisme pour dire toute la force de son inquiétude de soi-même et de son auto-apitoiement sur son sort. Oui j'irais jusqu'à dire cela, pour ne pas parler d'égocentrisme parce que je ne vois toujours pas de générosité dans cette nature.

Je suis bien renseignée. Je connais les vertus du sport, de la marche, du grand air.
Alors je me suis efforcée de marcher longuement tous les jours. J'empruntais des chemins déserts pour ne pas risquer de croiser des connaissances qui me verraient avancer avec les yeux rouges, le teint blafard.
Si des inconnus me demandaient l'heure, je sursautais. J'étais dans ma bulle de soufrance psychique ; je devais en sortir ou en mourir, étouffée.

J'ai réalisé une bonne partie de ma guérison en solitaire. Une fois que je me suis sentie capable de faire davantage, d'aller de l'avant, je me suis inscrite à un club de randonnée, un autre de scrabble et peu à peu j'ai retrouvé un peu de sérénité. Puis j'ai commencé le blog. Je ne sais pas si cette petite entreprise a joué un rôle dans mon total rétablissement car j'allais déjà mieux il y a quatre mois, date de mon premier message.

Maintenant je m'astreins à une discipline de fer : commencer sa journée par des étirements, des abdos, des exercices cardio-vasculaires. Je n'ai toujours pas encore remisé mon stepper au garage. Je suis  contente de ma détermination. Je sais que c'est la clé de la réussite. Plus jamais retomber dans la morosité, la détresse.

Pour l'instant je n'ai toujours pas repris mes activités avec mes groupes de randonneurs et de scrabbleurs. Le problème c'est qu'avec tout le sport que je fais je n'ai plus beaucoup de temps pour le reste. Néanmoins, il ne faut pas que je reste seule. Il est vital de rencontrer des gens, d'échanger, de communiquer. Sinon je me coupe du monde et je me retrouve confrontée à mes vieux démons.

Mon mari a l'air heureux en ce moment. Aprés la tempête, une douce harmonie s'est installée entre nous. Il ne cherche plus la confrontation et moi non plus. Il est si simple de baisser la garde, rendre les armes. J'ai été si longtemps dure, dure avec moi, avec les autres....

Je reste vigilante. Ne dit-on pas "chassez le naturel il revient au galop" ? Alors, je ne sais pas. Ai-je vraiment et profondément changé ? Mon naturel est-il ce que je semble être maintenant : apaisée, adoucie, ou est-ce un passage transitoire ? No lo sé. Seul l'avenir pourra le dire.

Le problème concernant ce blog c'est que j'ai moins la rage. Et pour avoir envie d'écrire tous les jours, il faut avoir ce moteur, quels que soient les raisons de cette énergie. Sinon, rien ne vient. Les gens heureux n'aiment pas raconter leur histoire. En tout cas pas sur la durée, pas de cette façon.
Je ne vais pas jusqu'à prétendre être heureuse. Je reste fragile. Comme les anciens alcooliques. Je dois refuser les images sombres, m'accrocher à la volonté de vivre sainement.
Inutile de me secouer trop fort encore ; je ne suis pas pleine de larmes, mais j'ai besoin de ménagement. J'ai bien fait de couper les ponts avec ma famille. Même si je maintiens un lien, bien ténue, avec ma mère. Moi, la brebis galeuse je me tiens désormais éloignée du troupeau. Cette coupure est une bonne chose.

Hier au téléphone, ma mère me parlait du mariage de ma cousine. Il y avait un monde fou, et c'était "grandiose"
- elle ne t'a pas invitée ?
- non maman,  et tu le sais bien ; et puis de toute façon je n'y serais pas allée.

Cette cousine a donc convié tout le monde, sauf moi. Il  ne m'a même pas effleurée qu'on puisse encore m'inviter à une fête familiale. Je suis définitivement sortie de leur vie, si tant est que j'en ai fais partie un jour.

Je suis contente que ce soit la rentrée. Ces "chassés-croisés" de vacanciers m'agaçaient beaucoup.
Les petits sont à l'école, les grands au boulot ; et moi j'apprécie de ne rien faire d'autre que de  continuer à veiller à ce que tout se déroule au mieux pour moi, pour mon bien évidemment et par conséquent celui de mon mari et de mes enfants.

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