LE BLOG DE CELOR

comme ça vient.

15 septembre 2008

samedi : 5 heures du matin.
Je suis réveillée par une porte qui claque violemment. J'ai le coeur qui bat trés fort. Je suis seule et je pense à une intrusion chez moi.
Il est 5 heures, j'ai des frissons. Ca vous rappelle pas une chanson ça ?

J'hésite à aller voir. Quelques bruits d'objets qu'on dérange, un robinet qui coule.

Mon mari est absent, en déplacement. J'ai des pensées qui arrivent, confuses et nombreuses.  Allais-je me sortir de cette aventure ? Si je me retrouve nez-à-nez avec un ou des voleurs qui pensaient la maison inhabitée, que dois-je faire. Crier ? Oui ça sortira de toute façon. un vieux réflexe ....

Je m'habille rapidement. J'ai peur mais je vais quand même pas me présenter nue à ces messieurs. En effet, comme je dors sans rien sur moi, même pas une goutte de parfum, j'ai froid. Je tremble mais je suis prête à en découdre. Je m'empare d'une grosse paire de ciseaux et je me décide à aller affronter le danger.
C'est net. Le bruit vient d'en bas. Le studio de mon fils.

Je ne descends pas tout de suite l'escalier qui y mène. Je pose ma question en hurlant, d'une voix chevrotante et toute déformée :
- Qui c'est qu'est là. Qui ??? Y a quelqu'un ?
Et c'est Julien, mon fils qui répond :
- mais enfin maman, tu veux bien aller te recoucher, mais qu'est-ce que tu fais là  ?

Alors là, c'est la meilleure. Je crois bien que je suis chez moi. Et pas lui !

Puis sans se montrer, il reclaque la porte et je suppose qu'il se couche.

ok, je suis soulagée. Mais je ne dors plus. Je suis vraiment énervée et aussi bien étonnée. Je me demande bien pourquoi il n'est pas rentré chez lui. Je veux bien qu'il nous rende visite mais à 5 heures, vraiment, c'est tôt. Et puis il pourrait au moins éviter de faire tout ce tintouin.

Je ne savais pas qu'il me faudrait attendre jusqu'à 16 heures pour le voir émerger.
Il est blême.
- t'as pas du doliprane, il me demande sans même dire bonjour.
- Qu'essssse-t'as ???? Et qu'essst-ce tu fais ici ?
- y avait une soirée chez D.  (c'est un jeune homme, voisin de chez nous, et ami de mon fils). Alors j'allais pas rentrer chez moi. C'était pas la peine. T'as rien contre le mal de crâne, je vais éclater là...

Il s'interrompt et cours vomir violemment aux toilettes.

Ben décidément mon fils vient nous voir pour déposer son linge sale et son vomi. Il a bu, c'est sûr.

Il m'avoue s'être bien murgé avec du whisky. Que c'était une grosse fête et qu'il fêtait la fin de son stage aussi. Que c'était le week-end et qu'il n'avait pas de comptes à me rendre.

A cause de lui j'ai passé un samedi et aussi un dimanche bien pourris.
Il s'est installé au milieu du salon, affalé sur le fauteuil, ne se levant que pour vomir bien bruyamment pour que je l'entende.

A chaque fois, il gémit en revenant. Il me réclame des cachets. Samedi. Dimanche. Deux journées à cuver. Je lui ai proposé du café, de la tisane. Il ne veut rien. Il préfère gémir et me lancer des regards embués en se tripotant le ventre avec des grimaces de douleur.
Je savais qu'il était juste en proie aux affres de la gueule de bois. Et il en tenait une solide. Malgré cela, j'angoissais. Je me disais qu'il était peut-être gravement malade. J'ai bien failli faire venir le toubib. Quand il m'a vu m'emparer du téléphone pour l'appeler, il a rouspété un bon coup.
- Maman, t'as pas fini de m'embêter ? Laisse moi, j'ai besoin de tranquillité et t'arrête pas de t'agiter.

Je vous jure..... Dire que ce grand gamin capricieux est avocat. Ca fait peur non de savoir que des malheureux condamnés vont remettre leur sort entre ses mains.
Bon, j'ai le droit aussi d'être mécontente. Il pousse le bouchon loin. En fait, il aime bien jouer avec mes angoisses. Il adore se faire chouchouter, dorloter, gâter, pourrir par moi. Puis il fait semblant de trouver ça outrancier, excessif, pas drôle. Manipulateur va. Ah.... je l'adore.

Ce soir il m'appelle :
- maman, je vais beaucoup mais alors beaucoup mieux. Tu t'es bien occupée de moi. Merci.
Mais là, je vais super bien. Le stage est fini, mon exam. est pour dans 15 jours. Aprés je vais devoir m'acheter une belle robe. Maman, tu m'aideras à la choisir ? Il m'en faudra une avec de trés grandes manches pour faire de beaux effets.

Et le voilà parti à délirer sur sa prochaine carrière de "ténor du barreau". Ah finalement ça lui a fait plutôt du bien cette petite soulerie. Je pensais qu'il s'en sortirait diminué, le cerveau dévasté par le whisky.

Pour résumer : sa soeur a repris les études, lui ne commencera à exercer qu'en janvier.
Pendant un an, tous les frais sont pour notre pomme. Et c'est pas rien d'avoir à payer 2 loyers, toutes les dépenses qu'entraînent une vie indépendante de celle des parents. Quand j'évoque ces débours à notre fils, il dit qu' on est tenus d'assurer leur subsistance tant qu'ils ne sont pas en mesure de le faire eux-mêmes. Ca, je risque pas d'oublier qu'il a fait son droit ! A nous donc de faire notre devoir.

Eva me téléphone et m'envoie des messages bien souvent. Elle déprime. Elle se sépare donc de son compagnon, pour qui, entre-parenthèse, elle avait quitté son mari. Elle est bien embêtée parce qu'ils ont acheté un appartement en commun. Ils ont donc été voir un notaire. Ca se passe mal. Il n'a pas d'argent pour lui rembourser le prêt. Elle ne sait pas qui des deux doit partir. Ils n'arrivent pas à un arrangement convenable.Faudra vendre la maison.

Bon tout ça n'est pas censé m'intéresser. Mais elle m'en parle beaucoup. Je crois qu'affectivement, elle n'est pas trop touchée. Même pas du tout. Elle ne l'aime plus et me dit s'être réveillée de plusieurs années d'illusion. - Mes yeux se sont bien ouverts" me dit-elle.
Je lui donne des conseils puisqu'elle en demande mais je vais arrêter. Ne dit-on pas que les conseilleurs ne sont pas les payeurs ? Je ne connais pas vraiment leur vie. C'est eux qui doivent décider. Pas les amis. Je trouve qu'elle paye bien cher son faux pas avec cet homme, il y a treize ans. Aprés plus de vingt années de fidélité et d'amour, elle a renoncé à un mari vraiment sympa et beau pour ce type qui d'emblée ne m'a pas plu. Et pourtant j'étais prête à me montrer juste dans mon jugement. Il s'est révélé ce soir là particulièrement fermé, désagréable, peu amène.

Je suis sûre que mon amie va s'en sortir de la meilleure façon qui soit. C'est une bonne chose cette séparation. Elle a 55 ans mais c'est une femme bien dans son époque, dynamique, gentille et vraiment belle. Et puis je suis là pour la soutenir moralement. C'est pas rien quand même.

Posté par celor à 23:09 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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