LE BLOG DE CELOR

comme ça vient.

31 octobre 2008

Tout est bloqué chez moi depuis hier. Ma faculté de penser, d'apprécier les petits bonheurs quotidiens, mais surtout mon dos. Mon dos me fait vraiment trés trés mal et je n'arrive pas à me redresser sans pousser des gémissements de douleur.
Je marche bien un petit peu à la maison, faut bien se nourrir, accomplir quelques gestes d'hygiène, mais je souffre tant que j'ai l'impression d'être vraiment malade, ce qui n'est pas le cas.

Heureusement, j'ai eu la main heureuse dans le choix de mon dernier livre. Il s'agit d'un ouvrage de Nick Hornby : "A propos d'un gamin.
Je suis fan. Ca parle de familles déglinguées arrangées au nonsense, les monomaniaques tournés en dérision. Et ces héros si fragiles qu'ils en sont désopilants. J'adore l'ironie et l'émotion de cette littérature là.

Hier j'ai acheté des kilos de raisin. Aurais-je abusé ? J'ai mal au ventre. Et aussi un peu à la gorge, mais là rien à voir bien sûr.

Ce matin j'avais une lettre urgente à faire partir. Je m'apprêtais à prendre mon vélo et à le faire rouler vaille que vaille jusqu'à la poste. Mon mari m'a proposée de m'y accompagner en voiture. Cet homme là a des choses à se faire pardonner. Je vais retarder mon pardon, autant en profiter non ?

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30 octobre 2008

J'aurais pas cru que ça pouvait se produire. Mais quoi donc chère blogueuse ?
THE FOU RIRE.
Pourquoi donc et en quelle circonstance chère Celor ?
LE DINER PRESQUE PARFAIT CE SOIR.

Ils sont dans ma ville. A Toulouse. Et ils se fendent la poire depuis le début.
La déclencheuse est une certaine et plantureuse Christelle. Brave fille qui savoure à 100 % son expérience. Qu'est-ce qu'elle doit s'ennuyer dans la vie d'habitude pour se lâcher comme ça depuis une semaine. La digue dondaine est rompue. Et elle rigole, elle rigole, elle se tord les boyaux, elle se convulse de rire, elle s'amuse comme une petite folle.

Ce soir, c'est la soirée Béatrice. Une trés menue et gentille hôtesse férue de l'époque Renaissance.
Du début à la fin du repas, elle a fait manger à ses convives des plats bourrés d'épices. 3, 4, 5 cuillers de chaque espèce dans le plat principal, les entremets,tout plein partout. Ce qui donne un gloubiboulga où surnage là une tête de coquelet, ici un mélange de plusieurs ingrédients qu'on dirait à rouler sous les aisselles. En apéro des pignons, des fruits confits, des pâtisseries « Faictes de fine fleur de froment délayée avec beaux moyeux d'oeufs et de beurre, safran, épices et eau »; soirée rabelaisienne donc.

Nous avons un groupe toulousain extraordinaire. Extra-ordinaire. C'est ainsi qu'il faut le lire.
Pas méchant, pas critiqueur et trés rigolard.
Sauf Jean qui détonne passablement dans ce groupe de joyeux lurons. Lui, c'est l'élément sérieux, le maillon faible. Il essaie de se mettre dans le bain mais son oeil triste et son léger rictus montrent bien qu'il se force. Sans parler de sa notation où se retrouve systématiquement un petit 5 qu'il a attribué équitablement à tous les hôtes d'un soir. C'est sa stratégie depuis le début. "Quoi qu'il arrive, je mets un 5". Il pense sûrement avoir ainsi toutes ses chances de gagner la compet'. Un extrait de l'émission de demain nous montrera bien qu'à trop vouloir bien faire, on se plante et on plombe la soirée. Donc côté ambiance il aura peut-être même moins qu'un petit 5.

Ce soir leur rire est si communicatif que j'en ai pleuré. Ils auraient dû m'inviter. Quel dommage. J'ai tant besoin de ripailler, de rire, et de "branler". J'ai appris ce soir le nom d'une danse de la Renaissance : la branle. Comme ils n'étaient que cinq, c'était donc la petite branle, en opposition à la grande qui réunissait un grand nombre de "Renaissants". Comme Béatrice l'avait prévu le nom de la danse a sonné comme un bon coup d'accélérateur pour faire repartir l'hilarité.

C'était la soirée de l'étrange. Béatrice est calée dans cette tranche d'histoire. Elle a appliqué les moeurs de l'époque. Le club des cinq  donc mangé côte à côte et avec les doigts s'il vous plait.

La note était sévère. Même en ambiance. Mais bon dieu pourquoi ? Ils se sont visiblement éclatés et ont quand même mangé à s'en lécher les doigs. Si si je les ai vus. En se bouchant le nez d'accord, mais il aurait fallu qu'ils saluent les efforts de Beatrice qui a réellement accompli un magnifique boulot de mise en scène et de jeu de rôle. Elle a réussi à titiller ma curiosité sur l'époque de la Renaissance et ses moeurs. Je commence déjà à m'y intéresser de prés.

Vraiment j'aurais mieux noté que ça personnellement parce que j'aime l'originalité, la gentillesse et par dessus tout la simplicité. Beatrice est une vraie gentille. Cultivée et innocente totalement en esbrouffe. Elle a présenté son festin dans des plats d'époque, en étain. Il n'y avait pas de verre à table. Si on avait soif, y avait qu'à demander. Elle a attribué un rôle d'aide au service et en annonce à chacun et tout le monde a bien joué le jeu dans la joie et la bonne humeur.

La pauvre ! Elle a la plus mauvaise note de la semaine alors que ce branque d'Emmanuel a tout fait faire aux autres et n'a pratiquement rien cuisiné. En plus il était même pas chez lui. Parasite va !

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C'est le moment de faire le vaccin annuel au chat.
Je veux pas voir ça : notre animal stressé comme c'est pas possible. Il va pourtant bien falloir se rendre chez le veto avec lui. On adore notre chatounet et on veut pas qu'il attrape une de ces terribles maladies félines.
Mon mari, qui veut se racheter de son comportement agressif de ces derniers jours, me propose de l'amener tout seul.
J'accepte de bon coeur. J'ai mal au dos, je suis contrariée et j'ai des courses à faire chez Picard. On n'a plus rien à manger. Quand mon fils vient passer quelques jours chez nous, c'est la razzia question stockage de nourriture. Aussi bien au frigo qu'au congel. Ca dévore ces jeunes ! Et àa remplace pas trop les victuailles englouties par eux.

Je dis ciao à Claude et je m'en vais en me disant qu'à mon retour, le vaccin serait fait et les courses aussi.

Je traîne un peu, je fais tout ce que j'avais à faire et plus encore... et je reviens à la maison, mes deux énormes sacoches de vélo bourrées de surgelés, jusqu'à la gueule dirais-je si j'osais. J'ose.

Et que vois-je : mon mari qui est là, qui nettoie le congélateur à grands coups d'eau chaude et de de raclette.
_ Qu'esce tu fais bon sang...
à propos de sang, le mien ne fait qu'un tour.
- ben quoi je nettoie, fallait bien dégivrer là c'est plus possible.
- Le vaccin est fait au moins ???? Ma voix monte un peu dans les aigûs. Aïe je m'agace fortement.
- Ben non il voulait pas entrer dans sa cage de transport.
- et qu'eccccce que je fais de mes surgelés là ?? S'tpleut là ?????????? Je les mets où ???
- DTC
- Quoi, qu'esssssce à dire DTC ?
- Tu me demandes où tu les mets, et je te réponds Dans Ton Cul. Je voulais pas être vulgaire ; DTC c'est mieux.

Je constate qu'on est au comble de l'énervement tous les deux mais je continue.
- Ch't'avais bien dit que j'allais chez Picard.
Lui se sent visiblement en faute, il décide de maintenir une attitude arrogante
- Oui p'tete bien que tu l'as dit et p'tete bien que j'ai pas entendu.
- Tu t'fous de moi là ?
- Un peu mais si ça te fait rien, je continue à dégivrer et nettoyer le congel. On verra aprés pour tes achats.
- Mais y en a pour une petite fortune. Tiens je vais tout jeter directement et on n'en parle plus.
- T'AS FINI DE ME HARCELER OUI ??????!!!! Il crie et moi aussi.

Je décide pour une position de repli dans mon bureau. Quelle mouche le pique donc ? Cet homme devient cinglé ! Il travaille trop, il se surmène. C'est pas du tout du tout dans son caractère ce comportement illogique, agressif et excédé.

Je l'entends qui gratte, qui gratte. Il se dépêche parce que quand même il est pas complètement fou et il ne veut pas rompre la chaine du froid. D'habitude il est extrêmement pointilleux sur l'hygiène et la sécurité dans la conservation des aliments. Il reprend donc ses esprits et abrège le nettoyage. Je l'entends travailler en accélérer, rebrancher le congelo et ranger.
Puisqu'il fait un effort, j'en fais un aussi :
- Allez on va chez le veto maintenant, je viens avec toi puisque tu ne sais pas t'y prendre tout seul.

Dans un silence pacifié mais contraint, on se bat tous les deux avec le chat qui ne veut pas entrer dans le panier. Il miaule désespérément et semble passer par toutes les émotions : colère, peur, panique, puis résignation totale... il émet encore quelques tous petits cris pitoyables et s'applatit complètement dans le panier en plastique. J'ai le coeur serré. On ne l'amène jamais nulle part en voiture sauf pour ce vaccin annuel. C'est le deuxième. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. J'ai le coeur serré et psalmodie son nom avec des accents chagrins qui doivent sûrement suffire à l'abattre complètement, à lui faire craindre le pire.

Finalement tout s'est passé de façon trés surprenante. Il n'a simplement plus bougé et semble prêt à mourir. Il se laisse faire de façon molle et résignée.
Quand on revient à la maison, dés la portière de la voiture ouverte il saute et réussit un sprint incroyable presque à plat ventre. Il a l'air de ne pas en revenir d'être vivant et de retourner dans son sweet home. En ce moment il est affalé par terre et semble  dormir. Il est terrassé par le contrecoup du stress subi.

Pour en revenir deux minutes à moi, j'ai un mal de dos terrible. Je pense que c'est dû à la contrariété subie depuis deux jours et au mauvais climat, trés inhabituel, qui règne à la maison. Il parait qu'en cette saison le moral des individus est en baisse. C'est la crise.

Zut, ce mal de dos est trés aigü. j'espère bien qu'il passera sinon je ne pourrais pas faire ma gym, pas sortir, pas faire le ménage, au moins pendant une semaine. Et après je ne serais pas du tout en bonne forme. Me faudra des séances de kiné. Je connais bien la situation. Il m'arrive deux à trois fois par an d'avoir de si grandes douleurs lombaires que c'en est handicapant. C'est pourquoi j'espère que ce n'est que passager.

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Une amie et voisine est au chômage. Elle est invitée à un mariage dimanche et elle n'a pas de tenue adéquate.
Elle déplore n'avoir pas les moyens de s'acheter un beau pantalon qui irait avec un chemisier trés habillé qu'elle possède, par chance.
Ca tombe bien. J'en ai un et il est trés chic. Mais trop petit pour moi. Je l'avais acheté dans une galerie marchande chez 1.2.3. une marque de prêt-à-porter qui n'est pas prestigieuse mais fait des vêtements de belle qualité. Ce pantalon m'avait plu mais il s'avère, aprés achat, qu'il est décidément trop petit pour que je puisse me mouvoir à l'aise. Je ne l'ai jamais porté et voilà l'occasion qui se présente d'accomplir un geste généreux à peu de frais puisque je n'ai pas l'intention d'étrenner ce vêtement ; sauf pendant la triste période de ma maladie, je n'ai jamais réussi à perdre ne serait-ce qu'un seul petit kilo.

Agnès est soulagée. Elle me remercie mille fois et m'embrasse comme du bon pain parce que ce pantalon, qu'elle a essayé chez moi lui va comme un gant et sûrement mieux parce qu'elle n'aurait pas l'idée de s'habiller avec un gant n'est-ce pas ?

Je lui dis ça roule. Je vais le repasser et te le porter demain. Ca c'était il y a deux jours.
Mais voilà.
Un petit pli ici et là et je me dis qu'un petit repassage ne serait pas superflu.
Je branche le fer, il n'est vraiment pas trés chaud et pourtant aussitôt que je le pose sur le vêtement, et même avant c'est fou ! le tissu se redresse et va se plaquer contre la semelle du fer. Que s'est-il passé ? J'en transpire de dépit et d'incompréhension. Mon pantalon est marqué au fer - même pas rouge. Il est abominablement lustré. La seule chose a faire est - avant de pleurer - l'écarter de ma vue. Je regarde l'étiquette : la matière est effectivement bien fragile et délicate.
Je vais annoncer moi-même la cata à mon amie qui va devoir se débrouiller maintenant pour trouver quoi se mettre pour le mariage. Je suis dans une spirale d'échec - relatif - en ce moment. Quelle piètre ménagère je fais ! J'aurais dû me montrer plus précautionneuse avant de me jeter sur ma table à repasser.

Je réussis mieux en cuisine, en revanche. Depuis que je regarde "le diner presque parfait" des tas d'images de recettes, de plats, de façons de procéder, se bousculent dans ma tête. Hier je suis passée à la réalisation de feuilletés apéritif. Facile, trés facile à faire. Et succès, gros succès au bout. Tant mieux parce que l'atmosphère est tendu en ce moment entre mon mari et moi. Il a trop de boulot et moi pas assez. Nous ne sommes pas dans les mêmes dispositions d'esprit. Lui qui est habituellement trés zen, s'emporte facilement. Moi qui suis l'angoisse et la nervosité sur pattes, je suis disponible et trés gentille. Il s'en prend à moi et si je ne m'en agace qu'à peine, il est pourtant trés mal à l'aise de se montrer régulièrement injuste à mon égard.
La présentation de mes petits feuilletés apéritifs lui ont donné le sourire et il m'a beaucoup complimentée. Il n'empêche que je boude toujours et je réponds à ses gentilles paroles par une moue dédaigneuse. Il est revenu plus tard - je te présente toutes mes excuses, j'ai été odieux.
- Je ne te le fais pas dire.
Et je décide de ne plus rajouter un mot pour le laisser mariner encore un peu.

Il pleut sur Toulouse aujourd'hui.
Penser à emmener quand même notre chat chez le veto pour le renouvellement de son vaccin annuel. On repousse, on repousse..... il faut bien admettre qu'il va nous faire passer un moment difficile parce que je le sens peu disposé à quitter notre maison douillette pour se rendre chez l'ennemi.

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28 octobre 2008

Maintenant avec Fiston, nous allons une fois par semaine au resto. C'est rituel. Et ça nous a permis de communiquer de façon plus fluide et naturelle.

Il est revenu réviser chez nous pour son repêchage. Dire qu'il va falloir attendre trois semaines le sort final qui lui sera réservé.

Sinon le comportement de mon mari est bien moins agréable quand l'un ou l'autre de nos enfants sont là à la maison, hormis ces parenthèses culinaires extérieures. Il est même parfois odieux.

Je viens de sortir de table, furieuse. Alors que je sers tout le monde avec bonne humeur et entrain, il semble désapprouver mes plaisanteries et prend tout de haut. A quoi cela est-il dû. J'ai horreur qu'il reprenne cette attitude que je connais mais qu'il semblait avoir abandonnée à mon grand soulagement car j'ai horreur des comportements crispés.

Au moment où j'écris je suis pleine de rage. Il a tout dénigré de mon repas de ce soir.
- "C'est du surgelé bien sûr" ponctuait-il avec un sourire mauvais à chaque fois que je présentais un plat. Jusqu'au dessert où j'ai servi des religieuses au chocolat de chez Picard. Je me dis c'est à la bonne franquette et je laisse les gâteaux dans la boite.

J'arrive à table et j'annonce :
- Pour ces messieurs ce sera deux étrons décongelés.

Avouez que c'est pas bien méchant ! OK j'ai ri grassement pour accompagner cette boutade mais mon mari s'est énervé, a saisi les gâteaux et a voulu les remporter à la cuisine dans un mouvement brusque. Son visage était tout marqué par la colère et il a fustigé "ma vulgarité" et ma désinvolture sur la façon de présenter ce dessert "avant - dit-il - d'avoir fini de manger.
De plus, ma plaisanterie était "de trés mauvais goût". C'est son appréciation.
Je ne m'attendais pas à cette réaction, violente, humiliante, alors que je voulais m'amuser . En réalité mon fils a ébauché l'ombre d'un sourire mais vu la tournure que prenait cette "affaire" il s'est abstenu. J'ai donc quitté la salle à manger en me drapant d'une dignité retrouvée et maintenant je fulmine.

Je ne vais rien regarder ce soir à la télé. J'allais leur proposer qu'on visionne ensemble un dvd que j'ai récemment acheté mais comme je ne décolère pas je vais rester dans mon bureau, prendre un bouquin et basta. Demain on verra bien si je boude ou si je rendosse mon costume de bonne vivante qui passe l'éponge sur une petit conflit qui ne vaut pas la peine qu'on s'y attarde.  C'est quand même compliqué pour moi. Mon mari m'a déçue et blessée.

Des nouvelles de ma fille : elle a une semaine de congés qu'elle passe à Paris avec son compagnon. Elle nous a longuement téléphoné. Tout va bien pour elle. Sa formation se déroule avec succès. Elle commence à se débrouiller et ne se fait pas de soucis pour son avenir professionnel. Son bagage devient intéressant.

Des nouvelles de mon chat qui fait quand même partie de la famille et que j'adore comme si c'était mon fils cadet : il va mieux. Quand nous sommes revenus de Paris nous avons découvert qu'il avait une vilaine plaie en haut de la tête. Hier c'était moche comme tout, la plaie s'est ouverte et plein de pus a coulé jusque sur ses yeux. Je l'ai nettoyé et désinfecté. On l'amène demain chez le véto puisqu'il doit avoir également son vaccin annuel contre les vilaines maladies que peut attraper un chat lorsqu'il sort de sa maison. Il a beaucoup dormi aujourd'hui et il me semble un peu molasse. J'espère que sa blessure n'était pas grave et qu'il n'en souffre plus. On ne sait jamais avec les bêtes à moins de bien savoir décrypter leur comportement. Le fait qu'il paraisse moins dynamique que d'habitude m'inquiète.
Une amie m'a prêté un panier de transport pour qu'on puisse l'amener chez le véto mais j'appréhende cette visite. Il va être super stressé et j'ai mal au coeur déjà des difficultés que va présenter cette formalité entre le chemin à faire puis la consultation; j'espère pouvoir le tenir et qu'on se débarrasse de cette corvée vite fait. Heureusement que les vaccins c'est une fois par an si rien ne cloche. Il faut espérer que sa blessure à la tête sera sans conséquence. Mon chat est un gros bagarreur et il a déjà eu pas mal de bobos, mais cette fois il semble que c'était plus sérieux que d'habitude.





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27 octobre 2008

Dans la famille déglinguée, je demande .... la mère !
Les autres je renonce.

Je reviens d'une semaine chez ma mère. Elle est si diminuée que je n'arrive plus à éprouver de colère, tout juste un peu d'agacement et beaucoup de peine. Elle s'est encore ratatinée davantage et elle comprend tout de travers ce qu'on lui dit quand elle entend quelque chose. Elle a une oreillette mais elle ne la supporte pas trop. Résultat j'ai passé cinq jours à hurler au lieu de parler.

Elle a toujours mal quelque part, ou alors elle fait des crises d'anxiété telles qu'il me faut bien trois quarts d'heure pour arriver à les calmer. Je la masse, je lui parle, je lui caresse les cheveux, je lui donne à boire. Je lui prends sa douche, la parfume et l'habille. On m'aurait dit ça il y a quelques années, j'aurais éclaté de rire avec dédain et ironie : moi toucher ma mère ? Jamais. A présent, elle m'embrasse comme du bon pain chaque fois que je passe devant elle. Elle est si dépendante affectivement, si peu maîtresse de ses actes... Elle a terriblement besoin des autres, d'être servie, écoutée. De plus, elle ne marche plus. Elle pourrait mais ne veut pas que le voisinage la voit telle qu'elle est devenue, elle qui avait si fière allure. Il lui reste l'orgueil donc.

Elle a trés peur. Elle parle sans arrêt de ses problèmes, elle me demande de la servir. Je peux à peine aller aux toilettes qu'elle m'appelle pour une raison ou une autre. Puis elle me raconte sa vie. Toujours les mêmes souvenirs. Ce sont toujours les mêmes drames intimes qu'elle ressasse pour m'expliquer à quel point elle a souffert et combien mon père a été le déclencheur de ses dépressions nerveuses inguérissables.

Mon neveu a téléphoné pendant mon séjour. Il était 18 heures ; il m'annonce qu'il vient manger, lui et sa femme. Ils veulent me montrer leur petite. Elle vient d'avoir un an. Je suis embêtée mais je n'ai pas le choix. Puisqu'ils s'invitent, je cours faire des courses. Et le repas.
La cuisinière marche mal, y a pas de four. J'achète plein de babioles apéritives, du saumon et je fais du riz. Pour le dessert un petit passage chez le pâtissier et c'est bouclé. Ma mère me harcèle. Elle s'affole. Elle veut que je vide le congélateur et que je leur fasse toutes sortes de plats avec les surgelés. Je lui dis que je m'occupe de tout et que surtout, surtout, elle ne se mêle de rien. C'est vrai que là j'en ai ma claque. Il y a de grands moments de solitude où ça ne passe vraiment pas cette servitude.

L'immeuble où elle habite est moche. C'est un H.L.M. des années 70. Il y a toujours des tas de gens qui prennent l'ascenceur avec poussettes, vélos, ou bandes de copains et famille. Ca m'indispose beaucoup quand je dois aller aux courses.

Le jeudi j'attends un coup de fil important et que je croyais sans surprise de la part de mon fils. Ce devait être une nouvelle qui allait me mettre du baume au coeur. Aprés son stage qui devait clôturer sa formation aprés l'école d'avocat, il a passé un ultime examen. Je pensais qu'il ne s'agissait que d'une formalité et qu'on lui filerait son passeport pour un début de carrière. Vraiment je savourais cette fin d'études.

Hélas, il a semble-t-il foiré ses oraux. Manque de travail. Il est aux repêchages. Catastrophe. S'il n'arrive pas à gagner ses 6 points qui lui manquent, il devra refaire une année. Que voulez-vous que je ressente ? Un stress, une tristesse, une incompréhension, le tout mélangé qui me bloque la gorge et me fait une boule au ventre. Je n'ai pas envisagé cette hypothèse une seule seconde. Il devra repasser "à la repêche" dans trois semaines. Je n'ose pas être optimiste. Je l'ai déjà trop été. C'est d'une cruauté ce dernier test de passage. Je ne comprends pas qu'après avoir obtenu de haute main son concours d'avocat, passé 18 mois de stages, on ait à repasser une épreuve et placer un candidat dans cette situation de semi-échec. J'ai mal pour lui.
Il va donc revenir réviser à la maison. Il faudra qu'il s'y mette sérieusement. Je dois dire que pensant être débarrassé de ce genre de problèmes : avoir un fils qui révise encore et encore, de devoir patienter encore quelques semaines pour être rassurée (ou pas) me plonge dans l'affliction. Le mot est faible quoi qu'on en pense.

Claude, mon mari a eu, du coup, une repoussée d'herpès au coin de la lèvre et son nez s'orne encore d'un vilain bouton qu'il fait nettoyer régulièrement chez le docteur. Il y va cet aprés-midi. Je suis perplexe je ne comprends pas que ça ne guérisse pas. Je suis de nouveau bien anxieuse. Mais je me soigne. Par ma gym quotidienne que je reprends aprés cette parenthèse parisienne.
Il fait encore beau à Toulouse. J'ai du faire une grosse lessive et des courses à Inter. Demain il pleuvra je crois.
Je finirais ce message en signalant que le film qui passait sur France 2 hier soir est une belle connerie. Je croyais que c'était un film drôle, il est vulgaire et le résultat est triste. J'ai vraiment éprouvé un sentiment de malaise. Alors, était-ce moi ou alors ce "camping" qui était en vrac ?



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17 octobre 2008

Eva m'a recontactée. Elle n'a pas fait mention de sa fâcherie ni du fait qu'elle m'ait rayée de ses contacts messenger. C'est moi qui ait dû en parler ; elle se justifie à peine et elle a raison. Inutile de s'attarder sur l'état de déprime dans laquelle elle se trouve devant son nouvel échec. Elle a quand même vécu treize ans avec cet homme et pourtant, son constat est que ce sont des années perdues et qu'elle est responsable de son gâchis.
Je n'y reviendrais pas avec elle. N'empêche que quitter un mari avec qui on a passé plus de vingt années de bonheur et trois mois de doute pour une aventure qui n'aurait dû être que sans lendemain mais qu'elle a fait perdurer c'est en effet, à mes yeux, bien dommageable. C'est sa vie aprés tout et elle ne peut nier maintenant qu'elle était amoureuse et aveuglée.

Je ne m'explique pas son revirement vis-à-vis de moi. Elle était en colère après une de mes remarques pourtant bien anodines et elle se rend compte finalement qu'elle ne peut rayer tout le monde de sa vie parce qu'elle en veut à son ex-compagnon.

Mon mari a mené son séminaire avec brio - et avoir un éminent collègue venu tout exprès de Vancouver.
Nous l'avons reçu à la maison dés la veille à 17 heures. Ils ont mis au point l'organisation, finalisé leur discours et allé diner au restaurant avec quatre autres intervenants. Finalement tout s'est passé au mieux et voilà mon Claude enfin détendu. Il a bien dormi et se la coule douce ce matin. Il ira quand même donner son cours à la fac cet après-midi. Pendant ce temps là j'irai retrouvé les membres de mon club de scrabble pour une partie duplicate selon mon coeur. Un vrai bon moment de détente. Pour finir la journée, en fin d'aprés-midi nous allons voir le dernier film de Woody Allen avec nos amis les W. que nous n'avons pas eu l'occasion de rencontrer depuis déjà quelques semaines. Il était temps d'y remédier.

Je me prépare psychologiquement à la semaine que je vais passer à Paris dés Lundi et jusqu'au samedi suivant. Ce ne sera pas une sinécure. Je devrais être plus cool face à cette éventualité mais c'est au-dessus de mes forces. J'ai du mal à envisager ce séjour avec calme. Je souhaite juste que ça se passe le moins mal possible et que je saurais éviter de m'énerver. Ma mère pourra-t-elle de son côté faire un effort ?

Hier j'ai rejoins mon club de randonneurs. Aprés une ballade de prés de trois heures je suis arrivée à la maison rompue de fatigue et terriblement affamée.

Je commence à penser à ma valise. Il est peu fréquent que je parte plus de trois jours. Là ça en fera cinq. Je dois donc choisir avec discernement pour pas trop me charger mais avoir tout le nécessaire sur place.
Le temps ici est trés agréable. Je voudrais bien ne pas trop perdre au change à Paris mais ne rêvons pas !

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13 octobre 2008

Mon mari est trés stressé. Il anime un séminaire de la plus grande importance Jeudi. Seront présentes 200 personnes. C'est gratuit OK mais il y aura des retombées commerciales. De plus 01 Informatique lui a demandé un portrait parce qu'ils vont écrire un article sur lui. Ce sera le deuxième. La gloire en somme.

Il s'approche de moi :
- tu remarques rien ?
- T'as un bouton sur la lèvre
- Et ?
- Un bouton sur le nez et celui-là il est gros quand même.
- Et alors ? Comment je vais faire moi pour donner une photo avec cette tête là ?
- ch'ai pas. Donne une vieille
- Nan. Ils en veulent une récente.

Ben oui, ils lui ont déjà consacré une double page et lls veulent une nouvelle tof.

Mais il y a autre chose ; il est stressé soit, mais je le vois inquiet.
- Tu sais ce bouton sur le nez....
- Ben quoi ? Oui, on le voit bien mais c'est normal, planté en plein milieu de la figure et il bourgeonne bien.
- Ben le docteur me l'a déjà gratté la dernière fois. Et il a repoussé, maintenant il est encore plus gros.

Je vois.... il pense que c'est peut-être grave.
Pendant qu'il me parle il forme le numéro du docteur et il prend rendez-vous.
Il y est allé à 16 heures. Il est revenu avec un gros pansement.
- J'ai une bonne tension, me dit-il en arrivant. Il biaise.
- Et ton nez alors ?
- Arrrrhhhh sois pas si inquiète, qu'est-ce que t'as ? Tu penses que c'est grave ou quoi ?
- Je veux juste savoir ce qu'il t'a dit à ce sujet...
- Ben il a encore gratté, mis de l'azote et si ça part pas je retourne le voir dans une quinzaine.

Je perçois sa nervosité.
Il a enfourché son vélo et il est parti pendant deux heures, grosse balade le long du canal.
Il me téléphone :
- Ca fait du bien, le temps est magnifique.
- Et bien c'est parfait, détends toi bien et à tout-à-l'heure. Je suis en train de regarder "un diner presque parfait" ça se passe à Perpignan. J'espère que ce sera mieux que la semaine dernière à Lens...
- Ben je m'en fous un peu. Tu crois que c'est grave ?
- Non, je sais bien que t'aimes pas ces émissions, pas grave du tout.
- Ben non, je te parle de mon nez ?
- T'as un gros nez mais il te va bien... allez c'est rien à toute..
Il est rentré. Ne dit rien.
- Ca va tu t'es détendu ?
- J'ai mon herpès qui me fait mal, la lèvre et le nez ça fait beaucoup... tu crois que ça va passer ?

Oui, ça va passer. Dés Vendredi tout rentrera dans l'ordre. Quand tu auras assuré comme un chef dans la conduite de ton séminaire.
Mon mari, mes enfants et moi-mêmes somatisons quand nous subissons un stress ou une contrariété. C'est un problème ! Et bien que nous le sachions nous ne cessons pas de nous angoisser les uns pour les autres.

Dans une semaine je vais à Paris rendre visite à ma mère, pendant cinq jours.
J'ai gardé dans ma réserve quelques lexomil et une poignée d'antidépresseurs.

Vivement que ce mois d'octobre se termine !

J'écoute la radio en tapant ce texte. Guillaume Depardieu est mort. C'est déprimant ! C'était un garçon si complexe et tourmenté !

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12 octobre 2008

Sur Messenger Eva et Moi avons passé des longues minutes et parfois on pouvait tuer une heure sans douleur. On philosophait, décortiquait, rigolait. Mais je n'osais plus beaucoup il faut bien l'avouer. En tout cas, j'étais libre de dire tout le mal que je pensais de lui, sans tabou, sans censure. Libre d'abonder toujours dans ton sens, libre de te donner toujours raison, mille fois raisons.

Au bout de treize ans de vie commune cahin-caha, à petits pas, deci-delà, Elle et lui ont fait le constat qui s'imposait : ça ne pouvait plus durer. Elle ne l'aimait plus disait-elle, il ne lui montrait plus d'affection, il se montrait de plus en plus taciturne et donnait des signes d'instabilité amoureuse. Ne l'a-t-elle pas surpris à mettre une annonce dans un site de rencontres. Suite à laquelle il y avait eu rupture puis réconciliation difficile.

J'étais mise au courant, de loin en loin. Elle habitait Strasbourg et moi Toulouse.
C'est à Strasbourg que nous avions fait connaissance il y a presque 30 ans. Nous n'avons jamais été franchement amies intimes. Elle est enseignante, elle n'a jamais eu beaucoup de temps libres pour ses loisirs. Son temps libre était consacré au théâtre. Elle a été actrice puis metteur en scène. Passionnée.

Moi j'étais libre comme l'air. Je travaillais mollement en dillettante. J'ai toujours fait comme cela jusqu'au moment où j'ai démissionné pour de bon puisque je savais que mon mari pourvoirait à nos dépenses, aux siennes, aux miennes et surtout à celles engagées aux études longues et couteuses de nos enfants, qui entre parenthèse n'en ont pas encore totalement terminé. Julien notre fils a encore trois jours d'examen puis deux mois de vacance (sans s), sorte de no-man land entre la vie d'étudiante et celle d'avocat déclaré. Puis il prêtera serment en janvier. Et démarrage officiel de sa carrière qui, j'en suis sûre, sera source d'épanouissement pour lui parce qu'il est sûr de sa vocation.

Je vais quand même en revenir à Eva parce que je suis un peu contrariée quand même. N'y a-t-il pas de quoi ? Franchement ?
Cela fait plusieurs mois qu'elle m'entretient de ses relations houleuses avec son compagnon. Puis elle me parle de rupture et de négociations pour la liquidation de leurs biens communs.
J'ai toujours eu une communication intéressante et me semble-t-il fluide et amicale avec elle. J'ai toujours mis de côté mes difficultés personnelles, la maladie nerveuse - dépression - par laquelle je suis passée l'année dernière. Je n'ai pratiquement jamais parlé de mes enfants, ne me suis pas non plus attardée à mettre l'accent sur ma réussite conjugale, mon aisance financière. J'ai eu de la chance de ce côté là et pour être honnête je ne suis pas une personne vénale ou assoiffée de réussite et d'argent. Matériellement et pour l'instant - car nous vivons une situation de crise n'est-il pas ? - tout va bien, ce qui me permet de ne pas me tourmenter outre-mesure alors qu'il m'en faut si peu pour sombrer dans un noir pessimisme.

J'ai donc été une amie sincère et à l'écoute.
Mais voilà.
Il y a une quinzaine de jours, elle est furieuse, Eva : son compagnon, dans la même pièce qu'elle-même, est sur l'ordinateur. Elle, elle corrige ses copies.
Elle lui demande :
- alors tu gagnes ?
parce qu'elle pense qu'il fait un de ses jeux en ligne dont il est friand, c'est un joueur.
- je ne joue pas, je corresponds avec une femme.
- t'es encore sur un site de rencontres
- faut bien continuer à vivre...

Elle est outrée. Horriblement blessée, vexée.
Elle vient m'en parler immédiatement sur messenger.
Moi :
- Et bien, tout est fini entre vous, il drague virtuellement ; faut bien qu'il se remette dans le bain.
- Ah bon ! Bien excuse moi mais j'ai pas envie de faire les frais de ton humour à 2 balles.
Je sens comme un malaise.
- T'es fâchée Eva ? Ben quoi ? T'es pas jalouse quand même ? C'est fini ou c'est pas fini entre vous ?
- Ben oui, entre nous et entre nous. Et maintenant je dois te laisser. J'ai du boulot. Bye.

J'ai pas bien compris le "entre nous et entre nous" sur le moment.

Avec le recul, je vois....

Entre nous : Joël et moi et Entre nous : toi et moi.

Sinon comment expliquer qu'elle m'ait rayée de ses contacts ?

Plus moyen de la joindre.

Ai-je été maladroite ? Cruelle ? Inconsciente, cynique, méchante ?

NON. Mais elle l'a interprété ainsi.

Allez bye ma toute belle. Je te souhaite de te remettre de cette relation qui n'était pas pour toi. Tu vaux tellement mieux que lui.
Mais moi, je regrette, j'étais sincère et tu étais mon amie.
Je n'ai pas compris qu'il fallait te porter à bout de bras et m'abstenir de dire des évidences. Il aurait fallu que j'attende encore un peu pour te faire comprendre que la situation entre toi et lui était mauvaise et la rupture définitive. Je n'avais pas saisi tout à fait que tu voulais encore y croire.

Posté par celor à 16:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Dans la Dépêche du Dimanche, édition du Dimanche, la seule que nous achetions d'ailleurs, il y a une rubrique que je ne loupe pas : celle des festivités, notamment les vide-greniers.

Dimanche dernier mon mari m'accompagne dans une de ces manifestations populaires s'il en est où grouille une foule hétéroclite et traînarde en quête d'un je ne sais trop quoi qui leur manquerait sur l'instant. Parce qu'après si je m'en réfère à mon expérience c'est poubelle à plus ou moins long terme.

Il me dit :
- c'est trop loin pour que je retourne à la maison, je t'attends.
- tu as prévu quelque chose à faire, tu as de quoi lire ?
- non mais pas grave, je t'attends. T'inquiète.

C'est pas bon ça. J'ai plus l'esprit idoine. Je sais qu'il est garé là et qu'il ... ben oui il m'attend. Et moi je déteste avoir la moindre contrainte ou en imposer. Alors je bâcle, je survole les stands et je le rejoins dans le quart d'heure. Retour à la maison, moi légèrement contrariée.
- T'as rien acheté. Ben je savais y a que des conneries dans ces bazars ...
Tellement méprisant sur cette pratique bon enfant qu'il en est vulgaire.

Ce dimanche matin je remets ça. Je lui demande de m'accompagner dans un vide-greniers d'un village assez voisin. Et là je change de stratégie. On s'organise autrement.
- Tu me passes ton portable, je t'appellerai quand j'aurai fini et tu reviendras me chercher.

Je précise comme on peut  le déduire de toutes façons qu'il manque à mon autonomie deux choses indispensables : la bagnole et le téléphone portable. Et lui, bon prince, il les met à mon service en payant de sa personne et de son temps, tous les deux précieux à ses yeux.. et aux miens.

J'ai pris un énorme sac à dos vide et j'ai bien l'intention de le remplir.
On arrive et on n'est pas tout seuls. J'ai l'impression que ce sont toujours les mêmes qui arpentent les allées de ces stands d'articles d'occasion. Il fait beau et les badauds sont présents.

Il me dépose et se dépêche de redémarrer. J'ai son portable dans la poche, je fonce dans la foule et je passe en revue tout ce qui est proposé. Les prix sont alléchants, vraiment. Mais la magie n'opère pas. J'ai pas envie d'acheter. Je peux pas expliquer. C'est mon état d'esprit qui n'y est pas propice. Je regarde l'ensemble avec les yeux de mon mari. Sa récente remarque critique m'a troublée. Je cligne des yeux, ma bouche forme une moue, je ne demande même plus les prix et je n'ai pas l'esprit combattif puisque ça n'en vaut pas la peine. Moi qui adore discuter, chipoter sur la valeur des objets, tout me paraît dérisoire. Je me résous à en rester là.

J'appelle mon mari. Malheureusement alors qu'il m'a dit
- je te reprendrai à la même place tout à l'heure,
je ne me rappelle plus de l'endroit où il m'a déposée. Il y a des dizaines de sorties, la place est immense et comme il y a un marché juste à côté en ce dimanche matin, je me dis qu'il ne me trouvera sûrement pas. C'est le chaos. Je me sens agoraphobe sur le coup. Je veux rentrer tout de suite.
Je fais sonner le portable. Il est bien à la maison :
- ouais
- viens me chercher. Je ne sais plus où tu m'a déposée et.....
- pas grave. Tu vas là où je t'ai laissée et je suis là dans un quart d'heure.
Il raccroche, pressé de me ramener, que je puisse préparer le repas et qu'on ferme cette parenthèse.

QUOI ?!!! mais je viens de lui dire que je ne me souviens plus où il m'a déposée et il me dit qu'il passe m'y prendre là. Cet homme là n'écoute pas et c'est grave là.

Vaincue je me mets à pleurer de rage. Je tourne et je fais des demis tours. J'essaie de me souvenir. Rien. Pas moyen. J'ai l'impression que tous les marchands me sollicitent particulièrement, je me sens seule, un peu agressée et fatiguée. Je pense que j'ai l'air perdue, voire égarée.

Je n'ai jamais eu le sens de l'orientation et là en plus je suis mega énervée. Je suis une petite fille qui a peur de ne pas être retrouvée.

J'ai pas le temps de m'apitoyer trop longtemps sur mon sort de petit Poucet que déjà un appel de phare vient mettre fin à ce début de drame. Il me connaît par coeur. Il a fait très vite et il m'a trouvée instantanément. En plus il a du bol parce que je n'étais pas du tout à l'endroit convenu ; c'est un homme qui sait reconnaître l'urgence quand elle se présente. Il a l'air désinvolte.

Je l'engueule pour la forme.

Que serais-je sans toi
Qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi
Qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée
Au cadran de la montre
Que serais-je sans toi
Que ce balbutiement.

Posté par celor à 13:33 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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