01 novembre 2009
J'ai passé ma matinée au téléphone. Marre de la solitude.
Ma fille m'a fait l'immense plaisir de prendre son temps. Nous avons bien discuté et j'ai été sans retenue, évoquant des choses et d'autres et même le dernier fait en date qui m'a tant troublé. Elle en rit. Elle est jeune bien sûr et elle est capable de donner aux choses la proportion qu'elles méritent.
Ensuite j'ai appelé mon mari. Le pauvre, lui qui n'est pas manuel, on l'a fait travaillé : défriché, coupé du bois et des petits travaux auxquels on s'astreint quand il y a ces grandes réunions familiales. Mais là bas tout se passe dans la bonne humeur et la sérénité car l'entente est bonne. Je n'y vais pas à cause du chat. Ca me dérange de laisser mon matou seul. Sinon une coupure dans une ambiance conviviale aurait été super bienvenue.
Je me sens un peu mieux. Mon fils est passé hier. Comme je l'ai déjà dit il est fin et observateur. Bien que je ne lui ai pas dit ce qui me tracassait il a senti une félure. Alors il est resté longuement, il a regardé la télé, il a mangé puis est parti assez tard. Il était lui même soucieux et triste : un de ses camarades de promotion a succombé, terrassé par une AVC. Il s'agit là d'un grand malheur et d'un drame aussi je me suis abstenue de lui faire part de mes soucis personnels qui ne présentent en l'occurrence pas la moindre importance. Mon fils a déjà eu deux de ses amis qui sont morts : un lorsqu'il était en sixième, ce malheureux garçon a été victime d'un cancer au cerveau.
Plus récemment, Benoît, son ami d'enfance, a fait une crise d'epilepsie dans sa voiture, laquelle a pris feu. Ce garçon avait vingt ans. Et maintenant encore cette affreuse nouvelle. Tous ces morts en plein âge tendre !
Les fluctuations d'humeur, la cruauté et les petits bonheurs tout simple. La vie. Si cruelle, si injuste mais à laquelle on tient tant malgré la peur qui nous tenaille.
J'ai repassé le linge de mon fils, je n'ai pas encore déjeuner. J'irai me promener après. Je n'ai pas encore atteint un palier intéressant dans mes états d'âme. C'est encore bas.
Hier grosse réunion de famille chez ma soeur qui a accueilli un petit fils. Un petit Matt est né. Elle doit être heureuse. Elle aime beaucoup les bébés et ses enfants ne la déçoivent pas de ce côté là. En revanche il y a de sacrés dissensions avec son plus jeune fils qui semble lui reprocher sa façon de vivre dispendieuse et futile. Bref, je ne sais pas grand chose à part qu'elle a de la peine parce qu'il ne vient plus beaucoup la voir et lui confier son enfant qu'elle adore. Tout ce que j'apprends vient de ma mère mais comme elle raconte les événements à sa façon et qu'elle n'est pas fiable, au fond je n'ai qu'une vague idée de ce qui se passe chez eux.
Ma fille me conseille de renouer avec mes soeurs et mon frère. Elle pense que je vis mal mon isolement familial et que ça me déprime. Elle a raison mais je préfère m'abstenir parce que notre histoire fait que les malentendus et les conflits se sont beaucoup trop accumulés et ont construit un mur qu'il m'est difficile d'abattre. Mais je reconnais qu'il me manque la chaleur d'une fratrie aimante. Tant pis, il y a pire. Je ne suis pas isolée puisque j'ai un mari et des enfants qui me conviennent parfaitement et que j'aime.
Je crois que si "le petit Nicolas" jouait dans notre cinéma de quartier, j'irais volontiers, ça me ferait plaisir et me changerait les idées. Malheureusement, il me semble que ce n'est plus à l'affiche. Je vais tout de même vérifier.
Bien sur ce, à mes amies blogueuses et aimables lectrices, je souhaite un excellent dimanche.
Commentaires
Un "Courant d'air" dans l'espace blog!
Venez voir...
Oui j'adhère à l'idée de ta fille , même si le mur est à abattre celui de Berlin est bien tombé donc ..... pouvoir renouer te fera te sentir partie de la famille .
Je juge pas mais je pense qu'être mal dans sa peau te renferme et peut être que ton mari aimerait te voir épanouie , le mien détestait que je rumine des bêtises .
Encore une fois je ne juge pas mais fais un effort qui comblera tout le monde et ne prend pas prétexte du matou !!!!!!! je suis sure que tu en tireras un bonheur même si il faut faire des efforts ......;on doit toujours en faire tu sais .
Allez ne laisse plus trop ton mari seul quand tu peux faire autrement ......... la vie est si courte si imprévisible ...... les regrets ne servent à rien , si je pouvais revenir un an en arrière .....................
Bisous
bien sur c'était c'elle mais j'ai décidé d'employer mon vrai prénom .........
La vie est courte et il faut prendre les bonnes décisions, faire les bons choix, garder la tête froide et haute. Comme je suis d'accord avec cela mais tous les êtres humains ne sont pas fait du même matériau et le mien est friable en ce moment. Mais j'apprécie ton réconfort.
Une chose est sûre. Les échanges, la communication, qu'elles soient sous forme de commentaires sur le blog ou le fait de rencontres impromptus, c'est mon essence, mon catalyseur, mon baume.
Alors merci pour ces mots que tu prends la peine de poser en bas de mes billets. J'ai vraiment de la gratitude et de l'émotion pour ces élans de gentillesse et d'empathie.
Tu aurais sûrement mérité de revenir un an en arrière et de retenir cette vie et cette présence qui te font défaut aujourd'hui. Hélas, nos pouvoirs humains sont limités.
Alors à mon tour de te faire des bisous de consolation. Et te souhaiter de doux rêves où tout serait possible.
c'elle je tiens à préciser aussi que j'ai su qu'Agnès c'était toi. On se connait assez bien maintenant et je n'avais aucun doute.
Cette journée a dû être bien triste pour toi et pourtant tu es là pour moi, à me parler doucement avec la voix de la raison. Comme tu peux le constater, la lucidité que tu as face aux coups du sort, ne t'empêche pas d'avoir mal et de sentir trés fort le manque. Si je pouvais t'aider à remonter le temps et à le bloquer pour que le bonheur ne s'échappe plus, je le ferais mais je t'offre seulement ces paroles.
Les tiennes me font du bien alors j'espère que de ton côté du apprécieras les miennes qui y font écho. Je t'embrasse bien amicalement
bonjour Celor
Je viens de parcourir tes derniers articles, n'étant pas venue sur ton blog depuis quelques temps. Et je suis fort contrariée par l'état dans lequel t'a mis cet incident. En même temps je mesure tout-à-fait les dégâts que cela peut provoquer sur un tempérament fragile. Nous nous ressemblons énormément et tu as eu une phrase qui me colle comme un gant : "on ne guérit jamais d'une enfance malheureuse".
Voilà des considérations qui ne vont certainement pas te remonter le moral, "relativiser" n'étant pas une chose si simple ! quoiqu'il en soit, je t'apporte tout mon soutien virtuel. Bien à toi.
Sépia
Merci sépia de me comprendre.
J'avoue que j'ai un peu de mal à assumer cette fois-ci et je me trouve bien fatiguée même physiquement depuis hier alors que de ce côté là normalement je tiens bien le coup.
Cet incident est plutôt anodin quand on y pense froidement mais ça a fait resurgir des choses en moi et activer un manque de confiance latent ou que je combattais. Je sais bien que je vais me ressaisir mais je trouve dommage que notre tête ne cesse de travailler alors qu'on voudrait bien la mettre en veilleuse un peu.
Merci à toi d'avoir laissé un commentaire, ça fait plaisir, je l'ai déjà dit mais je ne le répèterai jamais assez. C'est de la gentillesse pure parce que finalement ces billets tournent beaucoup autour de mon nombril et sont trés (trop) introspectifs.
Bien sûr que j'apprécie tes petits mots , tes réponses sinon je ne viendrais plus ;o))
Oui ce fut un triste Week-end mais faut avancer côute que coute sinon y a la couette , on s'y enfonce et on attend ....... mais on attend quoi ??
J'espère que ton moral est meilleur , que tu effaces petit a petit "l'incident" ou que tu te sens moins mal ..
je te souhaite une agréable soirée aec un bon bouquin ou une bonne émission télé...
A demain pour de bonnes nouvelles oki ?
Bisous bisous
okay ma chère Agnès.
Je suis contente de te lire.
On se souhaite mutuellement d'aller mieux, alors j'espère qu'on va gagner toutes les deux quitte à y mettre le temps nécessaire, même si c'est long, mais si c'est fluctuant.
On doit avancer.
Bisous mon amie.
Pas grave que tes articles tournent autour de ton nombril, un blog c'est fait aussi pour ça, une fonction d'exutoire.
J'ai très vite ressenti ton "manque de confiance latent", c'est pour cela que j'admire ton combat de vaillant petit soldat.
Dans quelques jours, tout ce mal-être va peu à peu se gommer.Garde tes forces pour trouver le ressort à remonter !
Bonne journée
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